Pourquoi les pénuries seront permanentes: les pénuries d’approvisionnement mondiales présentent un intérêt financier fantastique.

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Pourquoi les pénuries seront permanentes: les pénuries d’approvisionnement mondiales présentent un intérêt financier fantastique.

L’ère de l’abondance n’a été qu’un artefact éphémère de la phase initiale d’impulsion de la mondialisation et de la financiarisation.

Les entreprises mondiales n’ont pas déployé tous les efforts nécessaires pour établir des quasi-monopoles et des cartels pour notre confort – elles l’ont fait pour s’assurer des profits importants et fiables grâce au contrôle et à la rareté. Toutes les pénuries ne sont pas artificielles, c’est-à-dire le résultat de cartels limitant l’offre pour maintenir les prix élevés ; de nombreuses pénuries sont réelles, et l’origine de beaucoup de ces pénuries peut être trouvée dans la suppression de la redondance/des multiples fournisseurs de produits industriels essentiels dans le but de rationaliser l’efficacité et d’éliminer la concurrence.

Rappelons que la concurrence et l’abondance sont incompatibles avec les profits. Une concurrence largement ouverte et une abondance structurelle sont les conditions les moins propices à la réalisation de profits importants et fiables, tandis que les quasi-monopoles et les cartels qui contrôlent les produits rares sont les mécanismens idéaux pour générer des profits.

Les incitations à élargir le nombre de fournisseurs, c’est-à-dire à accroître la concurrence, sont effectivement nulles. Les entreprises américaines ont dépensé 11.000 milliards de dollars pour racheter leurs propres actions au cours de la dernière décennie, soit l’équivalent du PIB combiné du Japon, de l’Allemagne et de l’Italie. Si l’ajout de nouveaux fournisseurs à la chaîne d’approvisionnement mondiale était rentable, une partie de ces 11.000 milliards de dollars aurait permis d’exploiter ces vastes bénéfices.

La réalité financière est que tenter de concurrencer un cartel établi qui s’est emparé des mécanismes réglementaires et politiques est un gaspillage téméraire de capital. Si la création d’un nouveau fournisseur de solvants essentiels, etc. était si attirante, pourquoi Google et Apple ne consacreraient-ils pas une part de leurs milliards de dollars en liquide à faire de l’argent facile ?

Les barrières à l’entrée sont élevées et les marchés sont limités. Un grand nombre de lubrifiants, de solvants, d’alliages, de câbles spécialisés, etc. sont essentiels à la fabrication de tous les produits de consommation et les produits industriels achetés dans le monde entier, mais les marchés sont limités : les fabricants ont besoin d’une quantité X d’un solvant spécialisé, pas de 10X.

Au bon vieux temps, avant que la mondialisation et la financiarisation ne conquièrent le monde, les entreprises alignaient [les offres de] trois fournisseurs fiables pour chaque composant critique, car cette redondance permettait d’éviter l’étranglement de la chaîne d’approvisionnement. Mais pour maintenir ces trois fournisseurs en activité, il faut répartir le carnet de commandes entre les trois. Personne ne gardera ouverte une installation si elle n’est utilisée qu’occasionnellement lorsque le fournisseur principal rencontre un problème.

Et maintenant, nous subissons l’ensemble des conséquences de la suppression de la redondance et de la concurrence, et de la cession du contrôle des chaînes d’approvisionnement aux quasi-monopoles et aux cartels. La rareté est leur source de profits, et puisqu’il n’y a aucun sens financier à dépenser une fortune pour construire une usine pour fabriquer des solvants, des lubrifiants, des alliages, etc. en quantités limitées sur des marchés dominés par des quasi-monopoles et des cartels, les pénuries seront une caractéristique permanente de l’économie mondiale du XXIéme siècle.

L’ère de l’abondance n’a été qu’un artefact éphémère de la phase initiale d’accélération de la mondialisation et de la financiarisation ; maintenant que la consolidation est terminée, les pénuries présentent un intérêt financier fantastique.

Il faut remercier les entreprises américaines d’avoir gaspillé 11.000 milliards de dollars pour enrichir encore davantage les 0,1 % du capital et les initiés. Hélas, il n’y avait pas de meilleur usage pour tous ces milliards que d’enrichir encore plus les déjà super-riches.

Désolés! Le mode de vie que vous avez commandé est actuellement hors-stock.

Texte original

Why Shortages Are Permanent: Global Supply Shortages Make Fantastic Financial Sense

The era of abundance was only a short-lived artifact of the initial boost phase of globalization and financialization.

Global corporations didn’t go to all the effort to establish quasi-monopolies and cartels for our convenience–they did it to ensure reliably large profits from control and scarcity. Not all scarcities are artificial, i.e. the result of cartels limiting supply to keep prices high; many scarcities are real, and many of these scarcities can be traced back to the stripping out of redundancy / multiple suppliers of industrial essentials to streamline efficiency and eliminate competition.

Recall that competition and abundance are anathema to profits. Wide open competition and structural abundance are the least conducive setting for generating reliably ample profits, while quasi-monopolies and cartels that control scarce supplies are the ideal profit-generating machines.

The incentives to expand the number of suppliers, i.e. increase competition, are effectively zero. America’s corporations spent $11 trillion buying back their own stocks over the past decade; that’s equal to the combined GDP of Japan, Germany and Italy. If adding new suppliers to the global supply chain were profitable, some of that $11 trillion would have exploited those vast profits.

The financial reality is attempting to compete with an established cartel that has captured regulatory and political mechanisms is a foolhardy waste of capital. If firing up a new supplier of essential solvents, etc. was so captivatingly profitable, the why wouldn’t Google and Apple take a slice of their billions in cash and go make some easy money?

The barriers to entry are high and the markets are limited. A great many specialty lubricants, solvents, alloys, wires, etc. are essential to the manufacture of all the consumer and industrial products that are sourced globally, but the markets are narrow: manufacturers need X amount of a specialty solvent, not 10X.

Back in the good old days before globalization and financialization conquered the world, corporations lined up three reliable suppliers for every critical component, as this redundancy alleviated supply chain chokeholds. But to keep those three suppliers in business, you need to spread the order book among all three. Nobody will keep a facility open if it’s only used occasionally when the primary supplier runs into a spot of bother.

And so now we’re all seated at the banquet of consequences flowing from stripping out redundancy and competition, and ceding control of supply chains to quasi-monopolies and cartels. Scarcities are their source of profits, and since it makes zero financial sense to spend a fortune building a plant to make solvents, lubricants, alloys, etc. in limited quantities in markets dominated by quasi-monopolies and cartels, shortages are a permanent feature of the 21st century global economy.

The era of abundance was only a short-lived artifact of the initial boost phase of globalization and financialization; now that the consolidation is complete, shortages make fantastic financial sense.

By all means thank Corporate America for squandering $11 trillion to further enrich the top 0.1% and insiders. Alas, there was no better use for all those trillions than further enriching the already-super-rich.

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