La vulnérabilité de l’Europe en matière d’uranium – une autre conséquence involontaire des sanctions contre la Russie.

Sauf qu’elle n’est pas du tout « involontaire ». Tout comme l’ensemble du « hara kiri énergétique » de l’Occident, elle est voulue et organisée dans le cadre d’une redistribution des cartes du pouvoir mondial, comme je l’ai déjà briévement abordé. J’y reviendrai dans un prochain article.

Source.


Traduction

La vulnérabilité de l’Europe en matière d’uranium – une autre conséquence involontaire des sanctions contre la Russie

Mardi 19 avril 2022

L’Europe a soudainement réalisé qu’elle était très vulnérable à l’arrêt du transport des réserves apparemment inépuisables de gaz naturel de la Russie. C’est pourquoi les responsables politiques européens se tournent vers d’autres sources d’énergie, dont l’énergie nucléaire, qui utilise l’uranium comme matière première. Voyons dans quelle mesure l’Europe dépend de la Russie pour son approvisionnement en uranium.

En guise de toile de fond, examinons le parc nucléaire européen. Voici un graphique d’Eurostat montrant la dépendance des principales économies européennes à l’égard de l’énergie nucléaire:

En 2020, les centrales nucléaires ont produit environ 24,6 % de l’énergie totale produite dans l’Union Européenne.

Voici un tableau présentant la production brute d’électricité nucléaire par périodes de cinq ans, de 1990 à 2020:

En 2020, la dépendance de l’Europe à l’égard de l’énergie nucléaire comme source d’électricité a légèrement diminué, la production totale passant d’un maximum de 928,4 gigawattheures en 2005 à son niveau actuel de 683 gigawattheures. La France est le pays le plus dépendant de l’électricité nucléaire, avec 51,8 % du total de l’UE, suivie de l’Allemagne, avec 9,4 % du total de l’UE. La réduction de l’utilisation de l’énergie nucléaire par l’Allemagne depuis 2006 explique en grande partie la baisse de la consommation totale d’énergie nucléaire dans l’UE.

Voici un graphique montrant la production brute d’énergie nucléaire pour les cinq nations les plus productrices d’électricité nucléaire sur la période de 1990 à 2020, qui montre clairement la baisse de l’utilisation de l’énergie nucléaire en Allemagne:

Voici une liste des six nations qui ont augmenté leur recours à la production d’énergie nucléaire:

Roumanie – augmentation de 103,6%

Hongrie – augmentation de 19,3%

Pays-Bas – augmentation de 17,8%

République tchèque – augmentation de 15,3%

Slovénie – augmentation de 1,7%

Voici la liste des sept nations qui ont diminué leur recours à la production d’énergie nucléaire:

Allemagne – baisse de 61,5%

Suède – baisse de 26,5%

Belgique – baisse de 26,2%

France – baisse de 21,4%

Bulgarie – baisse de 14,7%

Slovaquie – baisse de 14,3%

Espagne – baisse de 3,0%

Voyons maintenant où l’Union Européenne s’approvisionne en uranium. Au total, 22 % de l’uranium mondial se trouve dans les pays du BRICS et 44 % dans les pays de l’OCDE. Voici un graphique circulaire montrant les sources d’approvisionnement (en pourcentage) pour 2020:

Dans l’état actuel des choses, la Russie fournit un peu plus d’un cinquième des besoins en uranium de l’Europe, ce qui en fait le deuxième plus grand fournisseur après le Niger. La production intérieure d’uranium en Europe reste très faible, 95% des besoins en uranium de l’Europe provenant de l’extérieur de l’UE. L’acquisition de l’uranium lui-même n’est pas le seul problème auquel l’Europe est confrontée; l’uranium doit être enrichi de 0,7% à une valeur comprise entre 3% et 5% avant de pouvoir être utilisé dans la plupart des réacteurs autres que les réacteurs CANDU du Canada. Selon l’Association Nucléaire Mondiale, la Russie possède la plus grande capacité d’enrichissement d’uranium au monde, fournissant 35% de l’approvisionnement mondial. En outre, 18 des 103 réacteurs nucléaires d’Europe sont de conception russe ; ces réacteurs se trouvent en Bulgarie, en Finlande (deux), en Hongrie (quatre), en Slovaquie (quatre) et en République tchèque (six). Pour l’anecdote, l’Ukraine, qui ne fait pas partie de l’UE, possède 15 réacteurs nucléaires de conception russe opérationnels dans quatre centrales qui produisent environ la moitié des besoins en électricité de l’Ukraine, comme le montre cette carte:

Bien que l’Europe puisse s’approvisionner en uranium auprès d’autres pays, elle est très vulnérable à un arrêt de l’approvisionnement en uranium/uranium enrichi en provenance de Russie. Une réduction de la dépendance à l’égard de l’uranium russe pourrait s’avérer bénéfique pour le Kazakhstan, le plus grand producteur d’uranium au monde, mais même cela pourrait se révéler problématique, car la plupart des exportations d’uranium du Kazakhstan vers l’Europe passent par la Russie et, comme le montre ce graphique, la Russie est un partenaire de coentreprise dans certaines des opérations d’extraction d’uranium du Kazakhstan:

Une fois de plus, l’Europe est plongée dans un cauchemar énergétique qu’elle a elle-même créé, conséquence involontaire des sanctions prises à l’encontre de la Russie pour ses interventions en Ukraine.


Texte original

Europe’s Uranium Vulnerability – Another Unintended Consequence of Sanctioning Russia

Tuesday, April 19, 2022

Europe has come to the sudden realization that it is highly susceptible to the cessation of the transmission of Russia’s seemingly endless reserves of natural gas.  As such, politicians in Europe are looking for alternate sources of energy, one of which is nuclear power which relies on uranium as its feedstock.  Let’s look at how reliant Europe is on Russia for its supply of uranium.

As background, let’s look at Europe’s nuclear fleet. Here is a graphic from Eurostat showing how reliant the major European economies are on nuclear power:

In 2020, nuclear power plants generated approximately 24.6 percent of the total energy produced in the European Union.

Here is a table showing gross nuclear electricity production in five-year periods from 1990 to 2020:

By 2020, Europe was somewhat less reliant on nuclear as a source of electricity with total production falling from a high of 928.4 gigawatt-hours in 2005 to its current level of 683 gigawatt-hours.  France is the most reliant on nuclear electricity, accounting for 51.8 percent of the EU total followed by Germany with accounting for 9.4 percent of the EU total.  Germany’s reduction in the use of nuclear energy since 2006 accounts for most of the drop in the EU’s total nuclear energy use.

Here is a graphic showing gross nuclear energy production for the five highest nuclear electricity producing nations over the period from 1990 to 2020 which clearly shows the drop in Germany’s use of nuclear power generation:

Here is a list of the six nations which increased their use of nuclear power generation:

Romania – up 103.6 percent

Hungary – up 19.3 percent

Netherlands – up 17.8 percent

Czechia – up 15.3 percent

Slovenia – up 1.7 percent

Here is a list of the seven nations which decreased their use of nuclear power generation:

Germany – down 61.5 percent

Sweden – down 26.5 percent

Belgium – down 26.2 percent

France – down 21.4 percent

Bulgaria – down 14.7 percent

Slovakia – down 14.3 percent

Spain – down 3.0 percent

Let’s look at where the European Union sources its uranium.  A total of 22 percent of the world’s uranium is found in the BRICS nations with 44 percent being found in OECD nations.  Here is a pie chart showing the supply sources (in percent) for 2020:

As it currently stands, Russia supplies just over one-fifth of Europe’s uranium needs, the second largest supplier after Niger.  Domestic uranium production in Europe remains very low with 95 percent of Europe’s uranium requirements being sourced from outside the EU.  Acquiring uranium itself is not the only problem that Europe faces; uranium must be enriched from 0.7 percent to between 3 percent and 5 percent before it can be used in most reactors other than Canada’s CANDU reactors.  According to the World Nuclear Association, Russia has the biggest uranium enrichment capacity in the world, supplying 35 percent of the world’s supply.  In addition, 18 out of 103 of the nuclear reactors in Europe are Russian designed; these reactors are found in Bulgaria, Finland (two), Hungary (four), Slovakia (four) and Czechia (six).  As an aside, Ukraine which is not part of the EU has 15 operable Russian-designed nuclear reactors at four plants that generate about half of Ukraine’s electricity requirements as shown on this map:

While Europe could source its uranium requirements from other nations, it is highly vulnerable to a cessation of uranium/enriched uranium from Russia.  A reduction in reliance on Russia’s uranium could prove to be beneficial to Kazakhstan, the world’s largest producer of uranium, however, that could even prove to be problematic since most of Kazakhstan’s uranium exports travel to Europe through Russia and, as shown on this graphic, Russia is a joint venture partner in some of Kazakhstan’s uranium mining operations:

Once again, Europe is caught in an energy nightmare of its own making, an unintended consequence of sanctioning Russia for its moves into Ukraine.

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