Les craintes liées à la variole du singe pourraient sauver des entreprises en péril – par Whitney Webb.

On plonge directement dans le nid de frelons avec cet article signé Whitney Webb.

J’enchaîne avec un bref aperçu de la simulation « variole du singe » de mars 2021 dont il est question dans l’article pour donner ensuite la parole au toujours fiable Dr Igor Chudov, sur le même sujet.

Pour éviter de heurter la sensibilité des lecteurs, je n’ai pas inclus les photos de l’article original.

Source.


Traduction

Les craintes liées à la variole du singe pourraient sauver des entreprises en péril

Il y a quelques semaines à peine, deux sociétés corrompues se trouvaient en territoire financier instable. Aujourd’hui, alors que les médias et les organismes de santé mondiaux s’inquiètent d’une épidémie mondiale de variole du singe, les inquiétudes – et les péchés – de ces deux entreprises semblent avoir été bien vite oubliées.

par Whitney Webb – 20 mai 2022

Ces derniers jours, les médias et les ministères de la santé du monde entier ont fait grand cas de l’apparition d’une épidémie mondiale de variole du singe, une maladie bénigne apparentée à la variole et à la varicelle, et ont même provoqué une réunion d’urgence de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Certains craignent que la variole du singe soit la « prochaine pandémie » potentielle après celle du Covid-19. Pour d’autres, la crainte est que la variole du singe soit utilisée comme un nouveau prétexte pour faire progresser les politiques draconiennes de biosécurité et les prises de pouvoir au niveau mondial.

Quelle que soit l’issue de la crise de la variole du singe, deux entreprises en tirent d’ores et déjà profit. L’inquiétude suscitée par la variole du singe a entraîné une hausse des actions d’Emergent Biosolutions et de SIGA Technologies. Ces deux sociétés détiennent rien moins que le monopole sur le marché américain, ainsi que sur d’autres marchés, pour les vaccins et les traitements contre la variole. Leurs principaux produits de lutte contre la variole sont, comme par hasard, également utilisés pour prévenir ou traiter la variole du singe. En conséquence, les actions d’Emergent Biosolutions ont grimpé de 12% jeudi, tandis que celles de SIGA ont grimpé de 17,1%.

Pour ces entreprises, les craintes liées à la variole du singe représentent une aubaine, en particulier pour SIGA, qui fabrique un traitement contre la variole, connu sous le nom de marque TPOXX. Il s’agit du seul produit de SIGA. Si certains médias ont noté que la hausse de l’évaluation de SIGA Technologies a coïncidé avec les récentes inquiétudes concernant la variole, aucune attention n’a été accordée au fait que la société constitue apparemment la seule pièce de l’empire d’un puissant milliardaire à ne pas être en plein effondrement.

Ce milliardaire, le « pilleur de sociétés » Ron Perelman, entretient des liens profonds et controversés avec la famille Clinton et le Parti Démocrate, ainsi que des liens troubles avec Jeffrey Epstein. En dehors de sa participation majoritaire dans SIGA, Perelman a récemment fait la une des journaux pour avoir liquidé rapidement un grand nombre de ses actifs dans une tentative désespérée de trouver des liquidités.

De même, Emergent Biosolutions a également traversé des moments difficiles. La société, aux liens troubles avec les attaques à l’anthrax de 2001, a été critiquée il y a un peu moins de deux semaines pour avoir « dissimulé » des problèmes de contrôle de la qualité liés à la production de vaccins Covid-19. Une enquête du Congrès a révélé que des problèmes de contrôle de la qualité dans une usine gérée par Emergent ont conduit à la mise au rebut de plus de 400 millions de doses de vaccins Covid-19. L’usine Emergent en question avait été fermée par la FDA en avril 2021. Elle a été autorisée à rouvrir en août dernier, avant que le gouvernement ne mette fin au contrat. Étant donné que la majorité de l’activité de cette entreprise dépend de ses contrats avec le gouvernement américain, de la perte de ce contrat et de la mauvaise publicité qui l’accompagne, la nouvelle que son vaccin antivariolique pourrait bientôt présenter un intérêt international doit probablement être prise comme une véritable aubaine par cette compagnie.

Il est à noter que c’est la deuxième fois en un an que ces deux entreprises bénéficient des craintes de pandémie ou de bioterrorisme propagées par les médias. En novembre dernier, on a assisté à une vague de spéculations sur une réapparition prochaine du virus éradiqué de la variole. Cela a commencé avec les commentaires de Bill Gates sur les perspectives de bioterrorisme lié à la variole lors d’une interview du 4 novembre 2021 [NdT. voir mon article ici] et a été suivi par l’annonce, le 16 novembre, d’une enquête du CDC/FBI sur 15 flacons suspects étiquetés « variole » dans une usine Merck à Philadelphie [NdT. voir mon autre article ici]. Aujourd’hui, environ six mois plus tard, les mêmes craintes se révèlent à nouveau payantes pour les deux mêmes entreprises.

Une entreprise qui tue

Emergent Biosolution était auparavant connue sous le nom de BioPort. La société a été fondée par Fuad el-Hibri, un homme d’affaires libanais, qui a mis à profit ses contacts avec d’anciens responsables militaires et politiques américains très puissants pour prendre le contrôle d’une usine du Michigan en difficulté. C’était la seule usine autorisée à produire un vaccin contre l’anthrax.

On savait que le vaccin contre l’anthrax présentait des problèmes majeurs avant même que BioPort ne l’acquière, et de nombreux chercheurs pensent qu’il est l’une des principales causes du syndrome de la « guerre du Golfe » [NdT. je vous recommande vivement la lecture de ce récent article qui traite le sujet en profondeur et complètera la présente analyse]. Le vaccin lui-même, développé à l’origine à Fort Detrick, n’avait que peu ou pas d’antécédents de sécurité au moment où il a été administré aux troupes américaines lors de la première guerre du Golfe – un problème qui n’a jamais été résolu. Cependant, ses problèmes chroniques de sécurité et son schéma multidose malcommode ont incité BioPort/Emergent Biosolutions à consacrer plusieurs années au développement d’une nouvelle formulation de son vaccin contre l’anthrax.

La création de BioPort a coïncidé avec les tentatives de l’administration Clinton de rendre obligatoire le vaccin contre l’anthrax pour tous les membres des forces armées américaines. En contrôlant la seule source de vaccin contre l’anthrax, BioPort était sur le point de faire un malheur.

Après que la société ait acquis l’usine du Michigan, elle a reçu d’importantes sommes d’argent du gouvernement américain, apparemment pour apporter des améliorations au site. Cependant, la société a refusé d’utiliser ces fonds pour effectuer les réparations nécessaires, préférant consacrer cet argent aux bureaux de ses dirigeants, plutôt qu’à l’usine de vaccins, et à verser des millions de dollars en primes à la « haute direction ». Les auditeurs du Pentagone ont par la suite découvert que des millions de dollars supplémentaires avaient « disparu » et que le personnel de BioPort ignorait le coût de production par dose de vaccin. Malgré cette mauvaise gestion et cette corruption évidentes, BioPort a exigé d’être renfloué par le Pentagone, ce qui fut fait. Entre-temps, l’usine du Michigan a perdu sa licence après qu’une inspection gouvernementale ait révélé de nombreux problèmes de sécurité.

Quoiqu’il en soit, en août 2001, BioPort courait le risque de perdre les contrats du Pentagone, sa seule source de revenus. Le Pentagone a alors entrepris la préparation d’un rapport, qui devait être publié en septembre 2001, et qui exposait en détail un plan de liquidation de BioPort. En raison de l’attaque du 11 septembre 2001 contre le Pentagone, ce rapport n’a jamais été publié. Peu de temps après, les attaques à l’anthrax de 2001 ont commencé.

Quelques mois auparavant, BioPort avait passé un contrat avec le Battelle Memorial Institute pour l’aider à sauver son programme de vaccins en difficulté. L’accord a permis à Battelle d’avoir accès à « une exposition immédiate au vaccin » et celui-ci a été utilisé dans le cadre du programme de gain de fonction de l’anthrax financé par le Pentagone, qui impliquait Ken Alibek et William C. Patrick III, deux experts en armes biologiques ayant des liens étroits avec la CIA. Ce programme était hébergé dans les installations de Battelle à West Jefferson dans l’Ohio. De nombreux enquêteurs pensent que cette installation était la source de l’anthrax utilisé dans les attaques de 2001.

La panique qui a suivi les attaques à l’anthrax a conduit le Ministère de la Santé et des Services Sociaux (Health and Human Services – HHS) à intervenir. Celui-ci a rendu sa licence à BioPort en janvier 2002, malgré la persistance de problèmes de sécurité dans son usine de production de vaccins du Michigan. BioPort ne s’est cependant pas contentée de voir ses anciens contrats avec le Pentagone rétablis, puisqu’elle a commencé à exercer un lobbying intense pour remporter de nouveaux contrats de vaccins contre l’anthrax destinés aux civils américains, aux postiers et autres. Elle les a obtenus, en grande partie grâce à Jerome Hauer, conseiller en matière de lutte contre le terrorisme à l’époque et bientôt nouveau secrétaire adjoint du Ministère de la Santé. Hauer rejoindra plus tard le conseil d’administration de BioPort, après sa refonte en tant qu’Emergent Biosolutions, en 2004.

De tels exemples de copinage sont monnaie courante chez Emergent Biosolutions. En effet, la société s’est souvent appuyée sur des individus qui ont passé leur carrière à franchir la « porte tournante » entre l’industrie pharmaceutique et le gouvernement, en particulier ceux qui jouent aussi les alarmistes en matière de bioterrorisme.. L’une des principales personnes à avoir joué un rôle essentiel dans le succès de l’entreprise au fil des ans est Robert Kadlec. Kadlec était le principal conseiller en bioterrorisme du Pentagone dans les semaines qui ont précédé les attaques à l’anthrax de 2001. Quelques mois auparavant, il avait participé à la simulation Dark Winter de juin 2001, qui avait « prédit » des aspects majeurs des attaques à l’anthrax qui ont suivi. M. Kadlec a ensuite rédigé une grande partie de la législation qui allait créer la politique de réponse du pays en matière de bioterrorisme et de pandémie, y compris la BARDA [NdT. La Biomedical Advanced Research and Development Authority (BARDA) est un bureau du département de la Santé et des Services sociaux des États-Unis (HHS) chargé de l’acquisition et du développement de contre-mesures médicales, principalement contre le bioterrorisme] et le Stock National Stratégique [NdT. Le Strategic National Stockpile (SNS) fait partie de l’infrastructure fédérale d’intervention médicale et peut compléter les contre-mesures médicales dont ont besoin les États, les nations tribales, les territoires et les plus grandes zones métropolitaines en cas d’urgence de santé publique].

Peu après avoir quitté le gouvernement, Robert Kadlec a participé à la création d’une nouvelle entreprise en 2012, appelée « East West Protection« , qui développe et fournit des « systèmes intégrés de préparation et de réponse à tous les risques pour les communautés et les nations souveraines. » D’autre part, la société « conseille les communautés et les pays sur les questions liées à la menace des armes de destruction massive et des pandémies naturelles. »

M. Kadlec a créé cette société avec W. Craig Vanderwagen, le Premier Secrétaire adjoint du HHS chargé de la Préparation et de la Réponse (un poste que M. Kadlec a contribué à faire adopter par voie législative et qu’il occupera plus tard lui-même). L’autre cofondateur d’East West Protection était Fuad El-Hibri, le fondateur de BioPort/Emergent Biosolutions, qui venait de quitter son poste de PDG d’Emergent plus tôt cette année-là.

Kadlec est ensuite devenu consultant. Le cabinet de conseil de Kadlec, RPK Consulting, lui a rapporté 451.000 dollars rien qu’en 2014, où il a directement conseillé Emergent Biosolutions ainsi que d’autres sociétés pharmaceutiques comme Bavarian Nordic. Kadlec a également été consultant pour des entreprises militaires et de renseignement, comme Invincea, une entreprise soutenue par la DARPA [Defense Advanced Research Projects Agency], et Scitor, une entreprise de la NSA [National Security Agency], qui a récemment été rachetée par SAIC [Science Applications International Corp].

Kadlec devait réintégrer le gouvernement en tant qu’ASPR [Secrétaire Adjoint pour la Préparation et la Réponse – Assistant Secretary for Preparedness and Response] au HHS sous Trump, un poste qu’il occupait au moment où la crise Covid-19 a commencé. L’année précédente, en 2019, Kadlec avait mené une simulation de plusieurs mois axée sur une pandémie mondiale originaire de Chine, appelée Crimson Contagion. Une fois que la crise du Covid-19 a commencé pour de bon, il a joué un rôle majeur dans l’obtention de contrats de vaccins Covid-19 pour Emergent Biosolutions, malgré ses conflits d’intérêts, dont certains qu’il avait refusé de divulguer lors de sa nomination au poste d’ASPR.

Le schéma de corruption d’Emergent Biosolutions, initié avec son vaccin contre l’anthrax, persiste dans ses actions récentes relatives à la production des vaccins Covid-19. D’après le récent rapport du Congrès, publié quelques jours avant le récent pic d’inquiétude suscité par la variole du singe, les employés du laboratoire d’Emergent ont « intentionnellement cherché à tromper les inspecteurs du gouvernement sur les problèmes » de son usine de Baltimore et ont également « repoussé » à plusieurs reprises les tentatives d’AstraZeneca et de Johnson & Johnson d’inspecter leurs installations. « Malgré des signaux d’alarme importants dans son usine de fabrication de vaccins, les dirigeants d’Emergent ont balayé ces problèmes sous le tapis et ont continué à encaisser l’argent des contribuables », a déclaré lors de la publication du rapport Carolyn Maloney (D-NY), Présidente de la Commission de Surveillance et de Réforme de la Chambre des Représentants. Ces « signaux d’alarme majeurs » sont pourtant présents tout au long de l’histoire de la société, pour qui veut bien prendre le temps de regarder.

Quelques jours seulement après la publication du rapport du Congrès, Emergent Biosolutions a annoncé qu’elle allait acquérir les droits exclusifs mondiaux du « premier antiviral oral contre la variole approuvé par la FDA pour tous les âges » auprès de la société Chimerix. Ce médicament, appelé TEMBEXA, est uniquement destiné au traitement de la variole, que la société qualifie de « menace de santé publique hautement prioritaire ». Le communiqué de presse relatif à l’acquisition de TEMBEXA par la société indique que des contrats de plusieurs millions de dollars avec le gouvernement américain sont prévus pour ce produit. La FDA a officiellement approuvé le médicament en juin dernier.

Emergent Biosolutions détient également les droits sur le vaccin antivariolique connu sous le nom d’ACAM2000, qui peut également être utilisé pour traiter la variole du singe. Le vaccin, initialement produit par Sanofi, a été acquis par la société en 2017. Par conséquent, la société dispose d’un véritable monopole sur les vaccins antivarioliques, car ACAM2000 est « le seul vaccin autorisé par la FDA pour l’immunisation active contre la variole chez les personnes déterminées comme étant à haut risque d’infection par la variole. »

Compte tenu de leurs antécédents, il convient de se demander pourquoi Emergent Biosolutions s’est efforcée ces derniers mois d’orienter une grande partie de ses activités vers les traitements antivarioliques. Toutefois, aucune spéculation n’est nécessaire pour constater que les craintes actuelles liées à la variole contribuent à sauver cette entreprise, dont les actions avaient chuté d’environ 26% depuis le début de l’année avant que les inquiétudes liées à la récente épidémie de variole ne prennent de l’ampleur.

Quelle que soit l’issue de l’affaire de la variole du singe, le bilan des décennies d’activité de Emergent Biosolutions est indéniablement marqué par la corruption et le copinage.

Une « armure biologique » pour l’empire commercial chancelant de Ron Perelman

SIGA Technologies, qui compare ses produits à une  » armure biologique humaine « , affiche une citation de Bill Gates en haut de sa page d’accueil. Cette citation se lit comme suit : « […] la prochaine épidémie pourrait naître sur l’écran d’ordinateur d’un terroriste désireux d’utiliser le génie génétique pour créer une version synthétique du virus de la variole […] ». La citation est tirée du discours de Bill Gates à la Conférence de Munich sur la Sécurité de 2017, où il a utilisé la menace spécifique de la variole pour justifier la fusion de la « sécurité sanitaire » et de la « sécurité internationale ». Fait notable, en mars dernier, la Conférence sur la Sécurité de Munich a hébergé une simulation de pandémie mondiale causée par un « virus de la variole du singe génétiquement modifié. » [NdT. je traduirai quelques points de cet édifiant document]

SIGA est le parfait exemple d’une entreprise qui cherche à trouver sa place entre « sécurité sanitaire » et « sécurité internationale ». Elle fournit spécifiquement « des solutions pour des besoins non satisfaits sur le marché de la sécurité sanitaire qui comprennent des contre-mesures médicales contre les menaces chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires (CBRN), ainsi que les maladies infectieuses émergentes ». La majorité des contrats relatifs aux contre-mesures médicales CBRN aux États-Unis sont financés par le Pentagone. Bien qu’elle se présente comme une entreprise axée sur les menaces CBRN, SIGA se concentre, pour l’instant, uniquement sur la variole.

En effet, SIGA Technologies n’est actuellement rentable qu’en cas d’épidémie réelle de variole ou d’une maladie connexe, ou lorsque la crainte d’un événement bioterroriste lié à la variole est élevée. C’est précisément cette dernière crainte qui a permis à l’entreprise de remporter des contrats gouvernementaux pour produire du TPOXX pour le Stock National Stratégique (SNS). En effet, le TPOXX est uniquement utilisé pour traiter l’infection active par la variole ou la variole du singe, et non pour la prévenir. Cela signifie qu’il n’est utile que si la variole, la variole du singe ou une maladie apparentée infecte activement des personnes ou s’il existe un risque élevé que l’une de ces maladies infecte bientôt de grands groupes de personnes. Le TPOXX a été approuvé pour la première fois en 2018 par la FDA et a été approuvé par l’Agence Européenne du Médicament (EMA) en janvier dernier. La FDA a approuvé une version intraveineuse du TPOXX pas plus tard que jeudi dernier. Au total, SIGA a reçu plus d’un milliard de dollars du gouvernement américain pour développer le TPOXX.

SIGA travaille actuellement en partenariat avec le BARDA du HHS, le Ministère de la Défense, le CDC et les NIH. Un autre partenaire est la société Lonza, une entreprise européenne de fabrication de produits pharmaceutiques qui est associée à la fois au Forum Economique Mondial et à Moderna. Le PDG de SIGA, Phillip Gomez, est un ancien de PRTM Consulting, où il a dû travailler en étroite collaboration avec Robert Kadlec, puisque les deux hommes se sont côtoyés en tant que directeurs de la société et ont tous deux conseillé des agences gouvernementales sur des questions de santé publique et de biodéfense.

Il faut souligner également que SIGA est probablement la seule entreprise de l’empire commercial du prédateur Ron Perelman qui ne soit pas accablée par des montagnes de dettes. Perelman est l’un des prédateurs d’entreprises les plus connus des années 1980, qu’il a procédé à des rachats d’entreprises financés par des obligations pourries, notamment celles liées à la société Drexel Burnham Lambert de Michael Milken. Les tactiques commerciales de Perelman sont depuis longtemps dictées par son tempérament volcanique et son caractère impitoyable. L’ancien PDG de Salomon Brothers, John Gutfruend, a fait remarquer un jour que « croire que M. Perelman ne nourrit aucune intention hostile revient à croire que la petite souris existe ». [NdT. la petite souris qui échange les dents de lait contre une pièce de monnaie, vous connaissez]

Perelman est également connu comme mécène de longue date de la famille Clinton, même si, plus récemment, il a fait des dons aux campagnes politiques de Donald Trump. Perelman a apparemment commencé à s’intéresser à l’influence des Clinton après avoir épousé Patricia Duff en 1994. Duff était très liée au Parti Démocrate, pour avoir travaillé pour le sondeur Démocrate Pat Cadell, et elle avait également travaillé pour la commission de la Chambre qui a « enquêté » sur les assassinats de John F. Kennedy et de Martin Luther King Jr. Avant d’épouser Perelman, elle avait été mariée au magnat du cinéma Michael Medavoy et avait « présenté Clinton à l’establishment d’Hollywood », selon le Washington Post.

En tant qu’épouse de Perelman, Duff s’est présentée comme l’une des principales collectrices de fonds du Parti Démocrate, le dîner de collecte de fonds de 1995 en étant le symbole. En 1995, Perelman a également assisté à un dîner à 1.000 dollars le couvert à New York pour les Clinton, où Perelman était assis en face du Président, ainsi qu’à un dîner d’État pour le président du Brésil à la Maison Blanche.

La générosité de Perelman envers la machine politique des Clinton lui a valu d’être nommé par ces derniers au conseil d’administration du Kennedy Center en 1995. Il est probable que les Clinton aient eu pour lui d’autres gestes moins publics, car Perelman a offert beaucoup plus à la Première Famille qu’il ne semble avoir reçu en retour. Parmi les faveurs accordées par Perelman à Bill Clinton, la plus notable est sans doute l’offre d’emplois qu’il a faite à des membres de son administration en proie à des scandales, Webster Hubbell et Monica Lewinsky, à la suite de leurs controverses respectives. Cependant, après que ces offres d’emploi aient été rendues publiques, Hubbell et Lewinsky ont tous deux été licenciés, ces offres ayant toutefois ensuite attiré l’attention de l’avocat indépendant Ken Starr. Ce dernier n’a jamais assigné à comparaître ni enquêté sur Perelman ou sur les offres qu’il avait faites à Hubbell ou Lewinsky.

Les embauches controversées avaient été convenues entre Perelman et Vernon Jordan, conseiller de Clinton, qui siégeait au conseil d’administration de Revlon, une société contrôlée par Perelman, tandis que sa femme siégeait au conseil d’administration d’une autre société appartenant à Perelman. Jordan était connu pour être le  » passeur de Clinton vers les hauts et les puissants  » et avait emmené Clinton à la conférence Bilderberg de 1991. Au sujet de la décision d’engager Lewinsky à la suite du scandale, un ancien associé de Perelman a déclaré au Washington Post que « c’est comme dans la mafia, tout fonctionne selon un code », ajoutant que « je peux vous assurer que Ronald a pris la décision de donner le poste à Lewinsky. Et je peux vous assurer qu’il ne voulait pas savoir pourquoi Jordan le demandait. »

En 1995, Perelman a organisé une collecte de fonds pour Clinton dans son manoir, avec comme invités le chanteur Jimmy Buffett, l’acteur de Miami Vice Don Johnson, la femme de l’acteur Michael Douglas à l’époque, Deandra, et le coprésident du DNC Don Fowler [NdT. Le Comité national démocrate (en anglais : Democratic National Committee, abrégé en DNC) est un organisme politique américain chargé de diriger le Parti Démocrate au niveau national]. Parmi les autres invités figuraient A. Paul Prosperi, un copain corrompu de Clinton, et le désormais tristement célèbre Jeffrey Epstein. Clinton a personnellement participé à la collecte de fonds. Selon le Palm Beach Post, les invités avaient donné au moins 100.000 dollars au DNC pour assister au dîner avec le Président. Cela se passait, bien sûr, à l’approche des élections de 1996, et le DNC a fait l’objet d’un examen approfondi pour collecte illégale de fonds. Cette collecte de fonds n’a pas été la seule interaction d’Epstein avec Perelman – Perelman sera plus tard répertorié comme un invité fréquent d’Epstein dans le portrait de Vanity Fair de 2003 écrit par Vicky Ward et figure dans le livre noir des contacts d’Epstein.

Pendant la majeure partie des années 2000, Perelman a régné sur une fortune massive et en croissance constante. Pourtant, depuis 2020, Perelman « s’est débarrassé de ses actifs. De beaucoup d’actifs. Rapidement. » Cela a commencé par la vente de tableaux de valeur chez Sotheby’s et s’est bientôt étendu à la société d’investissement de Perelman, MacAndrews & Forbes, qui a cédé sa participation dans deux sociétés la même année, dont 1 milliard de dollars d’actions de Scientific Games. Selon MoneyWeek, la valeur nette de Perelman a chuté de 19 milliards de dollars en 2018 à 4,2 milliards de dollars à la fin de 2020, « suscitant des conjectures selon lesquelles il serait à court d’argent. » Au cours de l’année dernière, Perelman a continué à « réduire ses effectifs », cherchant à vendre son domaine dans les Hamptons pour 115 millions de dollars, un autre domaine de 57 acres d’une valeur de 180 millions de dollars et deux maisons de ville dans l’Upper East Side de Manhattan pour 60 millions de dollars.

D’autres actifs détenus par la société de Perelman, MacAndrews & Forbes, croulent également sous les dettes. L’un des rares actifs de la société qui n’est pas à ce jour en pleine hémorragie d’argent ou en prise avec des dettes est sa participation dans SIGA Technologies. La société principale de Perelman, MacAndrews & Forbes, a longtemps été l’un des principaux investisseurs de SIGA et reste son principal actionnaire, contrôlant 33% de toutes ses actions.

Depuis que Perelman est impliqué dans SIGA, la compagnie fait l’objet d’accusations de corruption. Par exemple, en mai 2011, SIGA a obtenu un contrat sans appel d’offres d’une valeur d’environ 433 millions de dollars pour développer et produire 1,7 million de doses d’un médicament antiviral contre la variole. À l’époque, rien ne prouvait que le médicament antiviral en question était capable de traiter la maladie et certains membres du personnel du HHS se sont émus du fait que le retour sur investissement de SIGA dans le cadre de ce contrat était « scandaleux. » Le contrat a alors fait l’objet d’une enquête, car on craignait qu’il n’ait été attribué à SIGA précisément parce qu’elle était contrôlée par Perelman, qui avait fait des dons importants à Barack Obama. À l’époque, CNN a noté ce qui suit au sujet des liens de Perelman avec la Maison Blanche d’Obama:

« Ronald Perelman est l’actionnaire majoritaire de Siga Technologies et un militant et collecteur de fonds de longue date du Parti Démocrate. Il est également un gros contributeur des Républicains, mais il est particulièrement ami avec la Maison Blanche d’Obama.

Andy Stern, ancien président du Syndicat International des Employés de Service, qui a eu des relations étroites avec l’administration Obama et qui a soutenu les initiatives du président Barack Obama en matière de soins de santé, fait également partie du conseil d’administration de Siga. »

Du fait de ces préoccupations et du potentiel conflit d’intérêt, une enquête du Congrès a été ouverte. Quelques jours après avoir appris la menace qui pesait sur ce contrat gouvernemental clé, les dirigeants de SIGA ont vendu de grandes quantités d’actions de la société à un prix moyen de 13,46 dollars par action, ce qui a rapporté des millions de dollars à son Directeur Général et à son Directeur Scientifique de l’époque. Un mois plus tard, la société annonçait que son contrat avait été réduit et les actions de la société étaient tombées à moins de 2 dollars en décembre.

Étant donné les précédentes accusations de « pay-to-play » [NdT. en gros, pots-de-vin] entourant le rôle de Perelman dans l’entreprise pendant l’administration Obama, alors que le Président Joe Biden était Vice-Président, que devons-nous penser du récent battage médiatique autour de la variole du singe? Ou des inquiétudes soulevées l’année dernière concernant un événement bioterroriste impliquant la variole?

Il est peut-être plus important de poser d’autres questions: pourquoi le rôle de Perelman dans SIGA a-t-il été largement occulté ou totalement ignoré dans les récents communiqués sur cette entreprise? De même, pourquoi les épouvantables antécédents d’Emergent Biosolutions ont-ils également été exclus des récents communiqués, y compris des principales plaintes déposées par le Congrès contre la société il y a moins de deux semaines? Il semble que la peur générée par la variole du singe ne fait pas que stimuler les actions de ces deux sociétés pourries, elle aide aussi le public à oublier leurs anciens péchés.

Auteur

Whitney Webb

Whitney Webb est une rédactrice, chercheuse et journaliste professionnelle depuis 2016. Elle a écrit pour plusieurs sites web et, de 2017 à 2020, a été rédactrice en chef et journaliste d’investigation principale pour Mint Press News. Elle écrit actuellement pour The Last American Vagabond.


Texte original

Monkeypox Fears May Rescue Endangered Corporations

Two corrupt companies were in rocky financial territory just a few weeks ago. Now, with concerns over a global monkeypox outbreak being hyped by media and global health organizations alike, the worries – and sins – of these two firms are quickly being forgotten.

by Whitney Webb – May 20, 2022

In recent days, concern over a global outbreak of monkeypox, a mild disease related to smallpox and chickenpox, has been hyped in the media and health ministries around the world, even prompting an emergency meeting at the World Health Organization (WHO). For some, fears have centered around monkeypox being the potential “next pandemic” after Covid-19. For others, the fear is that monkeypox will be used as the latest excuse to further advance draconian biosecurity policies and global power grabs.

Regardless of how the monkeypox situation plays out, two companies are already cashing in. As concern over monkeypox has risen, so too have the shares of Emergent Biosolutions and SIGA Technologies. Both companies essentially have monopolies in the US market, and other markets as well, on smallpox vaccines and treatments. Their main smallpox-focused products are, conveniently, also used to protect against or treat monkeypox as well. As a result, the shares of Emergent Biosolutions climbed 12% on Thursday, while those of SIGA soared 17.1%.

For these companies, the monkeypox fears are a godsend, specifically for SIGA, which produces a smallpox treatment, known by its brand name TPOXX. It is SIGA’s only product. While some outlets have noted that the rise in the valuation of SIGA Technologies has coincided with recent concerns about monkeypox, essentially no attention has been given to the fact that the company is apparently the only piece of a powerful billionaire’s empire that isn’t currently crumbling.

That billionaire, “corporate raider” Ron Perelman, has deep and controversial ties to the Clinton family and the Democratic party as well as troubling ties to Jeffery Epstein. Aside from his controlling stake in SIGA, Perelman has recently made headlines for rapidly liquidating many of his assets in a desperate bid for cash. 

Similarly, Emergent Biosolutions has also been in hot water. The company, which has troubling ties to the 2001 Anthrax attacks, came under fire just under two weeks ago for engaging in a “cover up” over quality control issues relating to their production of Covid-19 vaccines. A Congressional investigation found that quality control concerns at an Emergent-run facility led to more than 400 million doses of Covid-19 vaccines being discarded. The Emergent factory in question had been shut down by the FDA in April 2021. They were allowed to reopen last August before the government terminated the contract. Given that the majority of the company’s business is tied to US government contracts, the loss of this contract, and the accompanying poor publicity, the news that its smallpox vaccine may soon be of international interest is likely seen as a godsend by the company. 

Notably, this the second time in a year that both companies have benefitted from pandemic or bioterror fears propagated by the media. Last November, speculation rose that a re-emergence of the eradicated virus that causes smallpox would soon take place. This first began with Bill Gates’ comments on the prospects of smallpox bioterrorism during a November 4th, 2021 interview and was followed by the November 16th announcement of a CDC/FBI investigation into 15 suspicious vials labeled “smallpox” at a Merck facility in Philadelphia. Now, roughly six months later, the same fears are again paying off for the same two companies.

A Killer Enterprise

Emergent Biosolution was previously known as BioPort. The company was founded by Fuad el-Hibri, a Lebanese businessman, who leveraged his contacts with powerful US former military officials and politicians, to take control of a flailing Michigan factory. It was the only factory authorized to produce an anthrax vaccine.

The anthrax vaccine was known to have major problems even before BioPort had acquired it, and is believed by many investigators to be one of the main causes of “Gulf War” syndrome. The vaccine itself, originally developed at Fort Detrick, had little to no safety track record at the time it was administered to US troops in the First Gulf War – a problem that was never remedied. However, its chronic safety issues and its clumsy, multi-dose regimen would later prompt BioPort/Emergent Biosolutions to spend years developing a new formulation of its anthrax vaccine.

The creation of BioPort coincided with the Clinton administration’s efforts to mandate the anthrax vaccine for all members of the US Armed Forces. With control over the only source of anthrax vaccine, BioPort was poised to make a killing.

Once the company acquired the Michigan facility, it took large amounts of US government funds, ostensibly to make improvements at the site. However, the company declined to use the funds to make the necessary repairs, instead spending that money on its executives’ offices, as opposed to the vaccine factory, and millions more on bonuses for “senior management.” Pentagon auditors would later find that still millions more had gone “missing” and BioPort’s staff were unaware of the cost of producing a single dose of the vaccine. Despite the clear mismanagement and corruption, BioPort demanded to be bailed out by the Pentagon, and they were. Meanwhile, the Michigan facility lost its license after a government inspection found numerous safety issues.

However, by August 2001, BioPort stood to lose the Pentagon contracts – its only source of income. The Pentagon began preparing a report, due to be released in September 2001, that would detail a plan for letting BioPort go. Thanks to the September 11, 2001 attack on the Pentagon, that report was never released. Shortly thereafter, the 2001 anthrax attacks began.

Just months before, BioPort had contracted Battelle Memorial Institute to help rescue its flailing vaccine program. The deal gave Battelle “immediate exposure to the vaccine” and it was used in connection with the Pentagon-funded, gain-of-function anthrax program that involved both Ken Alibek and William C. Patrick III, two bioweapons experts with deep ties to the CIA. That program was housed at Battelle’s West Jefferson facility in Ohio. That facility is believed by many investigators to be the source of the anthrax used in the 2001 attacks.

The ensuing panic from the anthrax attacks led the Department of Health and Human Services (HHS) to intervene. They gave BioPort its license back in January 2002 despite persisting safety concerns at its vaccine production facility in Michigan. BioPort was not content to merely see its past contracts with the Pentagon restored, however, as it began lobbying heavily for new contracts for anthrax vaccines intended for American civilians, postal workers and others. They would get them, largely thanks to HHS’ then-counter-terrorism adviser and soon to be HHS’ newest Assistant Secretary — Jerome Hauer. Hauer would later join the board of BioPort, after it reformed as Emergent Biosolutions, in 2004.

Such examples of cronyism are more common than not when it comes to Emergent Biosolutions. Indeed, the company has frequently relied on individuals who spend their careers passing through the “revolving door” between the pharmaceutical industry and government, particularly those who also moonlight as bioterror alarmists. One of the main individuals critical to the company’s success over the years has been Robert Kadlec. Kadlec served as the top bioterror advisor to the Pentagon in the weeks leading up to the 2001 anthrax attacks. Months prior, he had participated in the June 2001 simulation Dark Winter, which “predicted” major aspects of the subsequent anthrax attacks. Kadlec subsequently crafted much of the legislation that would create the country’s subsequent bioterror/pandemic response policy, including BARDA and the Strategic National Stockpile.

Soon after leaving government, Robert Kadlec helped found a new company in 2012 called “East West Protection,” which develops and delivers “integrated all-hazards preparedness and response systems for communities and sovereign nations.” The company also “advises communities and countries on issues related to the threat of weapons of mass destruction and natural pandemics.”

Kadlec formed the company with W. Craig Vanderwagen, the first HHS Assistant Secretary for Preparedness and Response (a position Kadlec had helped write into law and would later hold himself). The other co-founder of East West Protection was Fuad El-Hibri, the founder of BioPort/Emergent Biosolutions, who had just stepped down as Emergent’s CEO earlier that year.

Kadlec then became a consultant. Kadlec’s consultancy firm, RPK Consulting, netted him $451,000 in 2014 alone, where he directly advised Emergent Biosolutions as well as other pharmaceutical companies like Bavarian Nordic. Kadlec was also a consultant to military and intelligence contractors, such as the DARPA-backed firm Invincea and NSA contractor Scitor, which was recently acquired by SAIC.

Kadlec would return to government as HHS ASPR under Trump, a position which he held at the time the Covid-19 crisis began. The year prior, in 2019, Kadlec had conducted a months-long simulation focused on a global pandemic originating in China called Crimson Contagion. Once the Covid-19 crisis began in earnest, he played a major role in securing Covid-19 vaccine contracts for Emergent Biosolutions, despite his conflicts of interest, some of which he had declined to disclose upon being appointed to serve as ASPR.

Emergent Biosolutions’ pattern of corrupt behavior, beginning with its anthrax vaccine, can be seen with its recent actions as it relates to its production of Covid-19 vaccines. Per the recent Congressional report, released just days before the recent spike in concern over monkeypox began, Emergent lab workers “intentionally sought to mislead government inspectors about issues” at its Baltimore-based plant and also repeatedly “rebuffed” efforts by AstraZeneca and Johnson & Johnson to inspect their facilities. “Despite major red flags at its vaccine manufacturing facility, Emergent’s executives swept these problems under the rug and continued to rake in taxpayer dollars,” House Oversight and Reform Committee Chairwoman Carolyn Maloney (D-NY) stated upon the report’s release. Yet such “major red flags” can be found throughout the company’s entire history, for those willing to take the time to look.

Just days after the Congressional report was released, Emergent Biosolutions announced that it would acquire the exclusive worldwide rights to the “first FDA-approved Smallpox Oral Antiviral for all ages” from the company Chimerix. The drug, called TEMBEXA, is only for the treatment of smallpox, which the company refers to as “a high priority public health threat.” The press release on the company’s acquisition of TEMBEXA states that multi-million US government contracts for the product are anticipated. The FDA formally approved the drug last June.

Emergent Biosolutions also has the rights to the smallpox vaccine known as ACAM2000, which can also be used to treat monkeypox. The vaccine, originally produced by Sanofi, was acquired by the company in 2017. As a result, the company has an essential monopoly over smallpox vaccines as ACAM2000 is “the only vaccine licensed by the FDA for active immunization against smallpox disease for people determined to be at high risk of smallpox infection.”

Given their track record, it’s worth asking why Emergent Biosolutions has been working in recent months to pivot much of its business into smallpox treatments. However, there is no speculation needed when observing that the current monkeypox fears and helping rescue the company, whose shares had fallen some 26% year to date before concern over the recent monkeypox outbreak began to grow.

Whatever comes of the monkeypox situation, Emergent Biosolutions’ decades-long track record is undeniably one of corruption and cronyism.

BioArmor” for Ron Perelman’s Flailing Business Empire

SIGA Technologies, which likens its products to “Human BioArmor”, features a quote from Bill Gates at the top of its about page. The quote reads: “[…] the next epidemic could originate on the computer screen of a terrorist intent on using genetic engineering to create a synthetic version of the smallpox virus […]” The quote is from Bill Gates’ speech to the 2017 Munich Security Conference, where he used to the threat specifically of smallpox to argue that “health security” and “international security” be merged. Notably, last March, the Munich Security Conference hosted a simulation of a global pandemic caused by a “genetically engineered monkeypox virus.”

SIGA is one example of a company that seeks to find its niche in the middle of “health security” and “international security.” It specifically provides “solutions for unmet needs in the health security market that comprises medical countermeasures against chemical, biological, radiological, and nuclear (CBRN) threats, as well as emerging infectious diseases.” The majority of contracts for CBRN medical countermeasures in the US are funded by the Pentagon. While it promotes itself as a CBRN threat-focused company, SIGA is, for now, singularly focused on smallpox.

Indeed, SIGA Technologies is only currently profitable in the event of an actual outbreak of smallpox or a related disease, or when fear of a smallpox bioterror event is high. Specifically, concern over the latter has led to the company to win government contracts to produce TPOXX for the Strategic National Stockpile (SNS). This is because TPOXX is only used to treat active smallpox or monkeypox infection, not prevent it. This means that it is only useful if smallpox, monkeypox or a related disease is actively infecting people or if there is a high risk that one of these diseases will soon infect large groups of people. TPOXX was first approved in 2018 by the FDA and was approved by the European Medicine Agency (EMA) this past January. The FDA approved an intravenous version of TPOXX just this past Thursday. Overall, SIGA has received over $1 billion from the US government to develop TPOXX.

SIGA is currently partnered with HHS’ BARDA, the Department of Defense, the CDC and the NIH. Another partner is Lonza, a European pharmaceutical manufacturing firm that is partnered with both the World Economic Forum and Moderna. SIGA’s CEO, Phillip Gomez, is an alumni of PRTM Consulting, where he would have worked closely with Robert Kadlec, as the two men overlapped as directors of the firm and both worked advising government agencies on matters of public health and biodefense.

SIGA is also notable because it is possibly the only company in the business empire of corporate raider Ron Perelman that is not attached to growing mountains of debt. Perelman is one of the notorious corporate raiders from the 1980s who conducted corporate takeovers fueled by junk bonds, particularly those connected to Michael Milken’s Drexel Burnham Lambert. Perelman’s business tactics have long been informed by his volcanic temper and his ruthlessness, with former Salomon Brothers CEO John Gutfruend once remarking that “believing Mr. Perelman has no hostile intentions is like believing the tooth fairy exists.”

Perelman is also known for being a long-time patron of the Clinton family, even though, more recently he donated to Donald Trump’s political campaigns. Perelman apparently first became interested in courting influence with the Clintons after marrying Patricia Duff in 1994. Duff was deeply connected to the Democratic Party, having worked for Democratic pollster Pat Cadell, and she had also worked for the House panel that “investigated” the assassinations of John F. Kennedy and Martin Luther King Jr. Prior to marrying Perelman, she had been married to movie mogul Michael Medavoy and had “introduced Clinton to the Hollywood establishment,” according to the Washington Post. 

As Perelman’s wife, Duff styled herself a leading Democratic fundraiser, with the 1995 fund-raising dinner being emblematic of that. Also, in 1995, Perelman attended a $1,000-a-plate dinner in New York for the Clintons, where Perelman sat across from the President, as well as a state dinner for Brazil’s president at the White House.

For Perelman, his generosity to the Clinton political machine resulted in an appointment by Clinton to the board of trustees of the Kennedy Center in 1995. Other, less public gestures from the Clintons were likely, as Perelman offered much more to the First Family than he appears to have received in return. Perhaps most notable of Perelman’s favors for Bill Clinton was his offering of jobs to scandal-ridden members of his administration, Webster Hubbell and Monica Lewinsky, in the wake of their respective controversies. However, after the job offers were publicly reported, both Hubbell and Lewinsky were let go, though the offers later caught the attention of independent counsel Ken Starr. Starr never subpoenaed or investigated Perelman or the offers he had made to Hubbell or Lewinsky.

The controversial hirings had been arranged between Perelman and Clinton advisor Vernon Jordan, who sat on the board of Revlon, a Perelman-controlled company, while his wife was on the board of another Perelman-owned firm. Jordan was known as Clinton’s “conduit to the high and mighty” and had taken Clinton to the 1991 Bilderberg conference. On the decision to hire Lewinsky following the scandal, a former business associate of Perelman’s told the Washington Post that “It’s like the Mafia, it’s all done in code,” adding that “I can assure you that Ronald made the decision to give Lewinsky the job. And I can assure you he wouldn’t want to know why Jordan was asking.”

In 1995, Perelman held a Clinton fundraiser at his mansion, with guests including singer Jimmy Buffett, Miami Vice actor Don Johnson, actor Michael Douglas’ then-wife Deandra and DNC co-chair Don Fowler. Other guests included A. Paul Prosperi, a corrupt Clinton crony, and the now infamous Jeffrey Epstein. Clinton himself attended the fundraiser. According to the Palm Beach Post, guests had donated at least $100,000 to the DNC to attend the dinner with the President. This was, of course, in the lead up to the 1996 election, and the DNC would later come under heavy scrutiny due to illegal fundraising. This fundraiser was not Epstein’s only interaction with Perelman – Perelman would later be listed as a frequent dinner guest of Epstein’s in the 2003 Vanity Fair profile penned by Vicky Ward and is listed in Epstein’s black book of contacts.

For most of the 2000s, Perelman has sat atop a massive, ever-growing fortune. Yet, since 2020, Perelman has “been unloading assets ‘A lot of them. Rapidly.’” It stated with sales of valuable paintings at Sotheby’s and soon extended to Perelman’s investment company MacAndrews & Forbes, which disposed of its interest in two companies that same year, including $1 billion in shares in Scientific Games. According to MoneyWeek, Perelman’s net worth dropped from $19 billion in 2018 to $4.2 billion in late 2020, “prompting speculation that he’s runnings out of money.” Over the course of last year, Perelman has continued to “downsize”, looking to sell off his estate in the Hamptons for $115 million, another 57-acre estate worth $180 million and two townhouses in Manhattan’s Upper East Side for $60 million. 

Other assets held by Perelman’s company MacAndrews & Forbes are also drowning in debt. One of the few assets of the company that isn’t currently haemorrhaging money or struggling with debt is its shares in SIGA Technologies. Perelman’s main company, MacAndrews & Forbes, has long been one of SIGA’s biggest investors and remains its largest shareholder, controlling 33% of all shares.

Since Perelman got involved with SIGA, accusations of corruption have plagued the company. For instance, in May 2011, SIGA was given a no-bid contract worth about $433 million to develop and produce 1.7 million doses of anti-viral drug for smallpox. At the time there was no evidence the smallpox drug in question was capable of treating the disease and there was alarm among some HHS staffers that SIGA’s return on investment from the contract was “outrageous.” The contract began to be investigated over concerns that the contract had been awarded to SIGA precisely because it was controlled by Perelman, who had donated heavily to Barack Obama. At the time, CNN noted the following about Perelman’s connections to the Obama White House:

Ronald Perelman is controlling shareholder of Siga Technologies and a longtime Democratic Party activist and fundraiser. He’s also a large contributor to Republicans, but has been a particular friend of the Obama White House.

Also on Siga’s board of directors is Andy Stern, former president of the Service Employees International Union, who has had close relations with the Obama administration and who has supported President Barack Obama’s health care initiatives.”

As a result of these concerns and the potential conflict of interest, a congressional investigation began. Days after learning that this key government contract may be in jeopardy, SIGA executives sold off large amounts of company stock at an average price of $13.46 per share, netting its Chief Executive Officer and Chief Scientific Officer at the time millions of dollars. A month later, the company announced that its contract had been downsized and shares in the company fell to under $2 by that December.

Given past “pay-to-play” accusations around Perelman’s role in the firm during the Obama administration, when President Joe Biden served as Vice President, what are we to make of the recent media hype around monkeypox? Or concerns raised last year of a bioterrorism event involving smallpox? 

Perhaps it’s more important to ask other questions – why has Perelman’s role in SIGA been largely obfuscated or totally ignored by recent reporting on the company? Similarly, why has Emergent Biosolutions’ horrific track record also been excluded from recent reports, including the major complaints from Congress made against the company less than two weeks ago? It seems the fear being generated around monkeypox is not only boosting shares for these two rotten companies, it’s helping the public forget their past sins.

Author

Whitney Webb

Whitney Webb has been a professional writer, researcher and journalist since 2016. She has written for several websites and, from 2017 to 2020, was a staff writer and senior investigative reporter for Mint Press News. She currently writes for The Last American Vagabond.

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