Ego.

On en connaît tous un.

Ou plusieurs, vu qu’il y en a un paquet. Si on a pas de bol, on en a dans la famille. Si ça se trouve, c’est vous. Là c’est vraiment pas de bol.

Mais quoi donc?

Les gens avec un problème d’ego. Les égocentriques, si je ne m’abuse. Vous voudrez bien me pardonner mon manque de précision médicale. Je n’ai fait aucune recherche sur les termes officiels, c’est juste de l’observation personnelle. Que je sache, c’est chez eux qu’on trouve les hypocondriaques, les pervers narcissiques et autres délices de la vie sociale.

Quel que soit le terme exact, ils sont faciles à reconnaître. Ils vous font l’honneur d’exister. Quand ils vous parlent c’est pour vous éclairer sur le seul sujet qui vous intéresse : eux. Quand ils vous font la grâce de vous écouter, c’est parce que vous leur parlez à eux et c’est pour vérifier en passant que vous avez bien compris leur sens de la hiérarchie. Si vous poussez l’audace jusqu’à leur signaler un problème qu’ils pourraient éventuellement poser, vous les jugez – j’invente pas, c’est du vécu. Quand ils ne sont pas là, c’est un miracle si le monde arrive à fonctionner. Ils consacrent pratiquement toute leur énergie à défendre les barricades de leur ego démesuré. La plupart du temps au détriment de toute notion de réalité et si nécessaire – c’est-à-dire souvent – au détriment des autres. L’humilité, ils en ont entendu parler mais c’est surtout bon pour les cons. Quand ils font mine d’en avoir, c’est pour alimenter la grandeur de leur personnage.

Physiquement aussi, il y a moyen de les repérer. Comme dit l’adage, « Ta première tête tu la reçois; ta deuxième, c’est toi qui la fais ». Ces gens vieillissent très mal. Leur ego fermente et finit par les déformer. Leur gestuelle les trahit. Il n’y a rien d’harmonieux chez eux. S’ils ne sont pas laids, ils le deviennent.

Les anglophones ont un bien meilleur terme pour les définir : « full of themselves« . Plein d’eux-mêmes. C’est beaucoup plus explicite et ça a le mérite de ne pas faire référence au freudisme, que je considère comme une fausse clé de l’âme humaine.

Mon sensei nous avait un soir narré un conte zen. Je vous le narre à mon tour.

Le Maître désigne une minuscule tasse vide et une grande théière remplie à son élève. Il lui demande de vider le contenu de la théière dans la tasse. « Mais, Maître, la tasse est trop petite », fait l’élève. « Fais ce que je te dis », répond le Maître. Evidemment, la tasse est aussitôt pleine et le thé se répand sur le sol – vision navrante s’il en est. Devant l’élève un peu perplexe, le Maître explique : « Tu es comme cette tasse, il n’y a pas de place en toi pour ce que tu dois apprendre. »

Je trouve ce conte assez magistral – ce qui est d’ailleurs étymologiquement le cas. C’est exactement ce que je vois chez ces gens « pleins d’eux-mêmes ». Apparemment ils sont venus sur Terre pour ne jamais rien apprendre. Comme mon sensei, j’ai dû tenter de leur enseigner quelque chose. C’est une expérience assez frustrante. D’autant plus que j’ai pu constater qu’ils ne font pas que faire perdre leur temps aux autres. Ils s’emmerdent à plein temps. Et Dieu, qu’ils sont emmerdants. Parce que – pour ceux qui ne le sauraient pas – le but ultime de la vie c’est d’apprendre. Quand on apprend rien, on est pas en vie. Eux ne veulent pas. Les anglophones ont encore un terme parfait pour souligner ce trait : « useless« . Ces gens sont inutiles. Pour les autres certainement, pour eux encore davantage. Leur seule utilité se résume à montrer aux autres tout ce qu’il ne faut pas être. C’est déjà ça mais c’est un peu juste quand même.

Mais, cher amis, ce n’est pas de ça que je voulais vous entretenir. Ou du moins, pas que de ça.

Que ces gens perdent leur vie ici-bas est certes désolant mais après tout c’est leur problème. Ça commence à nous concerner quand, à force d’être pleins d’eux-mêmes, ils débordent. Si on a affaire à un gueux qui tente de nous infliger la mythologie de sa petite personne, une légère baffe (verbale ou non) suffit généralement à le calmer. Là où ça se gâte, c’est quand ces gens sont en position de pouvoir.

Imaginez qu’un de ces tordus soit milliardaire. Pas un peu milliardaire, très milliardaire. Et imaginez que la vie ne lui ait jamais donné la moindre leçon. Que du contraire. Vous voyez le tableau? Sinon, vous pouvez lire ceci.

Ça y est, vous êtes toujours là? Maintenant imaginez que non seulement il y a celui-là mais il y en a d’autres. Plusieurs, avec le même genre d’ego pourri à l’intérieur. Vous n’êtes pas obligés de me croire mais je commence un peu à les connaître. Ça fait vingt ans que je lis des trucs sur ces familles. Un peu de tout – pas mal de conneries et aussi des choses plus solides. J’ai eu le temps de faire le tri. J’ai leur pédigrée, et leur palmarès. Par exemple, Bernard Arnault n’en fait pas partie. Il finance la recherche de l’Institut Pasteur de Lille sur des molécules connues, peu toxiques et peu coûteuses à réaffecter au traitement du Covid – ce que le Ministre Véran tente avec acharnement d’empêcher. Il a donné beaucoup d’argent pour la reconstruction de Notre-Dame. C’est vraiment un chic type – enfin, pour un milliardaire. Mais c’est un genre d’exception à la règle.

Maintenant revenons à notre gueux. Il a peu de moyens. Il utilise ses semblables, des gens à niveau de pouvoir égal, pour satisfaire son ego et en général dès qu’il les a usés, il les jette – ou il se fait jeter. Il risque de finir très mal, faute de public et faute de ressources. La vie finit par reprendre ses droits.

Question public et question ressources, ça fait une différence énorme quand on jongle avec quelques dizaines de milliards. Et côté victimes, la source est quasiment intarissable – à l’échelle de leurs moyens. On parle de centaines de millions. Comme je disais, j’ai leur palmarès. Vous l’avez aussi, en fait. C’est juste qu’on lui a donné des noms un peu opaques. On appelle ça des guerres mondiales. On appelle ça des campagnes de vaccination. On appelle ça le contrôle des naissances. On appelle ça sauver la planète. On appelle ça révolution communiste. Et bien d’autres noms poétiques. Plus jolis que « eugénisme » qui fait un peu austère.

Ils veulent cinq cent millions de personnes sur la planète. Ils ne veulent pas du reste. Ils nous ont usés. Ils nous jettent. Et ils seront aidés par les egos du bas de l’échelle, qui trouvent aussi qu’il y a trop de gens sur Terre. Et que ces gens ont un grave défaut : ils ne sont pas eux.

Enfin, demandez-vous si ces gens agissent pour leur propre compte, ou s’ils obéissent tous à quelqu’un d’autre, tant il est vrai qu’on trouve toujours plus malin que soi.

La réponse est dans la question.

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