Si les injections de rappel durent encore deux ans – par Edward Slavsquat.

J’ai trouvé un nouvel auteur très intéressant, et pour une fois, en Russie. Il s’appelle Riley Waggaman, et signe ses articles sur Substack du nom de Edward Slavsquat. En voici un, de circonstance. Il y en aura d’autres.

Bonne et heureuse année 2024!


Si les injections de rappel durent encore deux ans.

Un conte fantasque sur le Nouvel An moscovite

Edward Slavsquat

24 décembre

24 décembre 2021. MOSCOU – Depuis mon enfance, j’ai pris l’habitude de disparaître de temps à autre, et de me ressourcer en me plongeant dans d’autres mondes. Mes amis me recherchent et, au bout d’un certain temps, me considérent comme disparu.

Et maintenant, une fois de plus, j’avais disparu pendant un bon moment. Le présent avait pour moi perdu de son charme après presque deux ans de « quatorze jours pour aplanir la courbe » et je m’éclipsai pour changer un peu d’air. Je quittai ce plan de l’existence pour aller vivre dans un autre plan. Je passai quelque temps dans des zones reculées du passé, traversai des nations et des époques sans trouver satisfaction, observai les habituelles crucifixions, intrigues et périodes de progrès sur terre, puis je me retirai pour un temps dans le royaume cosmique.

Lorsque je revins, on était le 24 décembre 2023. Je fus déçu de voir les nations du monde toujours sous l’emprise d’une stupidité impressionnante.

En revanche, de grands progrès avaient été réalisés en matière d’égalité. Tous les pays se ressemblaient; même les divergences entre blocs rivaux avaient pratiquement disparu.

À l’échelle mondiale, on voyait une forte défiance devant tout déclin des tests PCR positifs, qui pourrait ne pas durer éternellement. Comme on n’avait pas encore établi de position assez solide en matière de santé publique, les gouvernements du monde entier s’étaient fermement résolus à maintenir un moratoire sur la vie.

Repéré au VDNH de Moscou.

Je retrouvai ma maison dans la banlieue de Moscou, en partie détruite par des pillards, mais encore en assez bon état pour y dormir. Cependant, il y faisait froid et inconfortable, les gravats sur le sol et la moisissure sur les murs étaient déprimants, et bientôt je sortis faire une promenade.

Le faubourg avait beaucoup changé. Il n’y avait plus de magasins et les rues étaient désertes. Très vite, un robot humanoïde équipé d’un écran plat affichant le visage d’Herman Gref [NdT. Herman Gref est le PDG de la banque Sber, qui a financé et fait la promotion du « vaccin » SputnikV] s’approcha de moi et se mit à aboyer en allemand.

La machine exigea de savoir ce que je faisais. Je répondis que je me promenais.

GrefBot: « Vous avez un permis? »

Je ne compris pas, une altercation verbale s’ensuivit, et la chose m’ordonna de la suivre. Le robot me conduit à un bâtiment arborant une pancarte géante où l’on pouvait lire: « Station SberHealth n°754314. »

À l’intérieur se trouvaient les locaux officiels habituels, d’où se dégageait une odeur de désinfectant pour les mains, de bureaucratie et de désespoir. Après diverses demandes de renseignements, on m’emmena dans la salle 72 pour un interrogatoire.

Le fonctionnaire assis derrière le bureau était la première personne que je voyais depuis mon retour de mes voyages cosmiques. Je me précipitai vers lui – un être humain! – et je m’approchai pour l’embrasser.

Il s’écarta aussitôt. « 1,5 mètre, s’il vous plaît! Vous ne pouvez pas respecter la distance sociale? » me réprimanda-t-il. Je lui répondis : « Non ». « Pourquoi pas ? » répondit-il . « Parce que je n’ai jamais appris comment », répondis-je timidement.

« De toute façon, » dit-il, « vous vous promeniez sans Certificat de Booster Sputnik pour Promenade. Vous l’admettez? »

« Oui », dis-je. « Ca semble exact. Je ne savais pas. Voyez-vous, j’ai été absent pendant un certain temps… »

Il me fit taire d’un geste de la main. « La sanction: il vous est interdit de porter des chaussures pendant trois jours. Enlevez vos chaussures! »

J’enlevai mes chaussures.

« Bon Dieu, mon gars! » Le fonctionnaire faillit tomber de sa chaise. « Des chaussures en cuir! Où les avez-vous trouvées? Vous avez complètement perdu la tête? »

« Je ne suis peut-être pas tout à fait normal, mentalement, je ne peux pas en juger moi-même. J’ai acheté ces chaussures il y a quelques années. »

« Ne savez-vous pas que le port, la consommation et l’utilisation générale de tous les produits d’origine animale, sous quelque forme que ce soit, par les SberClients sont strictement interdits? Vos chaussures sont confisquées! Et maintenant, voyons votre code QR, que je puisse vous fournir une paire de SberSandals à base de pâte de soja déshydratée. »

Dieu merci, je n’avais aucune identification numérique d’aucune sorte!

Peskov veut votre viande.
La Russie a autorisé l’introduction d’une taxe sur la viande.
[…] Selon le fonctionnaire, en raison du réchauffement climatique, combiné à une transition énergétique révolutionnaire, les autorités vont commencer à réviser les politiques visant à réduire les émissions de dioxyde de carbone dans l’atmosphère. L’un des secteurs dans lesquels des restrictions pourraient apparaître sera celui de l’agriculture.

« Incroyable! », gémit le fonctionnaire. « Je n’ai rien vu de tel depuis plus d’un an! » Il fit appel à un GrefBot. « Emmenez cet homme au bureau 67, chambre 8c! »

On me fit marcher pieds nus dans plusieurs rues abandonnées. Nous entrâmes dans un autre bâtiment officiel, passâmes par une machine SberVérificationDeTemperature, respirâmes l’odeur stérile d’un monde sans âme; puis on me poussa dans une pièce et je fus interrogé par un autre fonctionnaire. Celui-ci était en uniforme.

« Vous avez été ramassé dans la rue sans code QR. Vous êtes condamné à une amende de deux mille Sberpièces. Je vais débiter votre SberPortefeuille immédiatement. »

« Je vous demande pardon, » hésitai-je. « Je n’ai pas d’argent sur moi. Ne pourriez-vous pas plutôt m’enfermer quelque temps? »

Il rit bruyamment.

« Vous enfermer? Mon cher ami, quelle charmante idée! Vous voulez qu’on vous nourrisse aussi? Non, mon ami, si vous ne pouvez pas payer l’amende, je vais devoir imposer notre plus lourde sanction: le retrait temporaire de votre certificat d’existence Sputnik! Veuillez me remettre votre passeport d’existence. »

Je n’en avais pas.

Pour la Santé Publique.
Dans les écoles de Voronezh, la combany Sber ecosystem va installer des détecteurs de métaux avec une caméra thermique.

Le fonctionnaire resta sans voix et entra dans un état d’inconfort physique qui ressemblait visuelment à un AVC. Il fit appel à deux GrefBots, ceux-là armés de missiles S-900 de type surface-non-vaxx. Ils discutèrent à voix basse, en faisant des signes répétés dans ma direction et en me regardant avec horreur et stupéfaction.

Puis le fonctionnaire me fit emmener dans une salle de détention, en attendant la délibération sur mon cas.

Là, plusieurs personnes étaient assises en silence; un GrefBot montait la garde devant la porte en acier renforcé. Je remarquai qu’à part mon absence de chaussures, j’étais de loin le mieux habillé et celui qui avait l’air le plus sain – ce qui est étrange, compte tenu du grand bond en avant qui avait été fait pour préserver la santé de chaque Russe.

Un petit homme nerveux s’approcha de moi, se pencha et me chuchota à l’oreille : « J’ai une magnifique affaire à vous proposer. J’ai une betterave chez moi, dans ma cave. Une betterave entière en parfait état, avec seulement un petit bout rongé par les souris. Elle est à vous si vous le souhaitez. Qu’est-ce que vous offrez? »

Il approcha son oreille de ma bouche, et je chuchotai.

« Faites une offre. Combien en demandez-vous? »

Il murmura doucement en retour: « Disons, 150 Sberpièces! »

Je secouai la tête et détournai le regard. Très vite, je me plongeais dans mes pensées.

SberVie.

Après quelques heures, ils vinrent me chercher. On m’emmena au bureau 285, chambre 19f. Cette fois, le GrefBot bien armé resta avec moi et se plaça entre moi et le fonctionnaire.

« Vous vous êtes mis vous-même dans une situation très désagréable », commença le fonctionnaire. « Vous avez vécu dans la banlieue de Moscou sans passeport d’existence. Vous savez sans doute que les sanctions les plus lourdes sont en vigueur. »

Je me penchai légèrement.

« Si vous le voulez bien », interrompis-je. « Je n’ai qu’une seule requête. Je commence à me rendre compte maintenant de ce qui s’est passé en mon absence et que ma situation ne peut qu’empirer et se dégrader. Ne pourriez-vous pas me condamner à mort? Je vous en serais très reconnaissant. »

Le fonctionnaire me regarda dans les yeux avec gentillesse.

« Je comprends », dit-il aimablement. « Mais n’importe qui peut venir ici et demander ça! En tout cas, il vous faudrait une carte de mise à mort. Vous avez les moyens d’en acheter une? Elles coûtent 4.000 Sberpièces. »

C’est déjà fait.
Le vaccin COVID-19 est désormais obligatoire pour être euthanasié en Allemagne
« La proximité humaine, cependant, est une condition préalable et un terrain propice à la transmission du coronavirus », a déclaré l’organisation.

« Non, je n’ai pas autant d’argent. Mais je donnerais tout ce que j’ai. J’ai un désir immense de mourir. »

Il eut un sourire étrange.

« Je vous crois, vous n’êtes pas le seul. Mais mourir n’est pas si simple. C’est une question de santé publique. Je devrais signaler votre mort aux autorités, et très vite, elles me harcèleraient – ‘était-ce lié au COVID?’. Ma station SberSanté pourrait perdre son financement si votre cadavre se révélait positif. Vous devez sûrement le savoir. »

Il vit que je ne le savais pas. Il fit une courte pause avant de poursuivre.

« Au fait, je vois que vous êtes enregistré sous le nom de Slavsquat, Edward. Ne seriez-vous pas Slavsquat, le blogueur? »

« C’est moi ! »

« Oh, je suis si content. Je peux peut-être faire quelque chose pour vous? GrefBot 5542, vous êtes congédié. »

La machine quitta la pièce, le fonctionnaire enleva son gant en plastique jetable et me serra la main.

« J’ai lu votre blog avec grand intérêt », dit-il sur un ton amical. « Margarita Simonyan est vraiment une insupportable schizoïde [NdT. en plus d’être une schizoïde et une crapule, Margarita Simonovna Simonyan est rédactrice en chef des publications en langue anglaise, de la télévision, et du réseau d’actualités RT, et de l’agence gouvernementale d’informations Rossia Segodnia]. Au fait, saviez-vous qu’elle est maintenant Premier Ministre? Quoi qu’il en soit, je ferai de mon mieux pour vous aider. Mais bon Dieu, comment vous êtes-vous mis dans cet incroyable pétrin? »

« Ennemis du peuple »: RT attaque les militants russes qui s’opposent à la vaccination obligatoire

« Ennemis du peuple »: c’est le nom de la courageuse enquête de RT sur les militants russes qui émettent des réserves sur la vaccination obligatoire COVID.

Nous avons rencontré certains de ces « ennemis du peuple » et ils sont en fait tout à fait charmants et réfléchis.

« Eh bien, voyez-vous, j’ai été absent pendant un certain temps. Pendant plusieurs années, j’ai disparu dans l’éther, comme la Souche de Moscou, et franchement, j’avais plutôt espéré que le monde serait revenu à la raison à mon retour. Mais dites-moi, pouvez-vous m’obtenir une carte de mise à mort? Je vous en serais très reconnaissant. »

« Ça pourrait être possible. Mais d’abord, il vous faut un booster d’existence. Il est clair que sans ça, on ne peut rien faire. Je vais vous donner une note pour le bureau 13. Sur ma recommandation, ils vous délivreront un code QR temporaire pour que vous puissiez prendre rendez-vous pour un booster. Mais il ne sera valable que 45 minutes. »

J’étais ravi. Nous nous serrâmes la main une nouvelle fois.

« Encore une chose », dis-je doucement. « Puis-je vous poser une question? Vous devez vous rendre compte que je sais très peu de choses sur ce qui s’est passé ces deux dernières années. »

 » Allez-y. « 

« Eh bien, voici ce que j’aimerais savoir: comment peut-on continuer à vivre dans ces conditions? Comment les gens peuvent-ils supporter ça ? »

« Oh, ils ne sont pas si mal lotis. Votre situation est exceptionnelle: un NonBoosté et sans passeport d’existence! Il reste très peu de SberClients non boostés. La plupart reçoivent leur allocation mensuelle de 20 Sberpièces et en sont reconnaissants. Bon nombre d’entre eux est réellement heureux. Petit à petit, on s’habitue à la misère et aux pénuries de nourriture organisées. Quand les bug-burgers [NdT. burgers à base d’insectes] ont disparu, nous sommes passés à la bouillie de sciure de bois – ils l’assaisonnent avec du goudron maintenant, c’est étonnamment savoureux. Nous pensions tous que ce serait insupportable, mais nous nous y sommes habitués. Et c’est pareil pour tout le reste ».

Une tendance globale.
La viande et le pain à base de protéines d’insectes feront leur apparition en Russie.

« Je vois », répondis-je. « Ce n’est pas tellement surprenant. Mais il y a une chose que je ne comprends toujours pas. Dites-moi: pourquoi le monde entier consent-il ces efforts colossaux? Pourquoi tolère-t-il de telles privations, toutes ces lois, ces milliers de médecins hygiénistes et de petits technocrates? »

Le fonctionnaire me regarda avec étonnement.

« Quelle question! » s’écria-t-il en secouant la tête. « Saviez-vous que seulement 94% des SberClients sont complètement boostés? L’immunité globale contre le Variant Triple Oméga est estimée à seulement 86%! Nos zones rouges de septicémie pourraient être submergées à tout moment! Et si votre propre mère mourait d’une surinfection transmise par l’hôpital, que diriez-vous alors? »

Ne vous inquiétez pas, ce n’est pas une dangereuse escroquerie.
(1): Gunzburg espére que le SputnikV confèrera une immunité à vie.
(2): Gunzburg déclare que le SputnikV peut être réinjecté à l’infini.

« Oui », dis-je lentement. » Vous avez mis le doigt dessus. Le vaccin, en d’autres termes, est un trésor qui doit être préservé à tout prix. Oui, mais – je sais que c’est une question étrange – pourquoi attachez-vous une telle importance au vaccin? A-t-il tant de valeur? Est-ce vraiment un trésor? »

Le fonctionnaire me lança un véritable regard de pitié.

« Mon cher Monsieur Slavsquat. Vous avez perdu contact avec le monde. Sortez dans la rue, parlez aux gens, si vous en trouvez, puis faites un léger effort mental et demandez-vous: que nous reste-t-il? Quelle est l’essence de notre vie? Une seule réponse possible: le vaccin est tout ce qui nous reste! Le plaisir et le profit personnel, l’ambition sociale, la cupidité, l’amour, l’activité culturelle, tout ça a disparu. S’il reste encore un tant soit peu de loi, d’ordre ou de pensée dans le monde, c’est au vaccin que nous le devons. Vous comprenez maintenant? »

On ne fait que suivre la science.
« l’interdiction d’organiser des événements publics dans les écoles est prolongée jusqu’en 2024 »

Je compris. Je remerciai le fonctionnaire et pris congé.

Je me sentais extrêmement mal. Dehors, je fis de mon impression temporaire de code QR une boule de papier que je jetai sur une sentinelle GrefBot. Le robot me tira dessus de son lance-missiles S-900 de type surface-non-vaxxé, me vaporisant immédiatement.

L’histoire vraie ci-dessus est basée sur une autre histoire vraie de Hermann Hesse, intitulée: Si la guerre continue encore deux ans – fin 1917.


Texte original

If the booster shots go on another two years

A whimsical Moscow New Year tale

Edward Slavsquat

Dec 24

December 24, 2021. MOSCOW—Ever since I was a boy I have been in the habit of disappearing now and then, to restore myself by immersion in other worlds. My friends would look for me and after a time write me off as missing.

So now, once again, I vanished for a time. The present had lost its charm for me after nearly two years of “fourteen days to flatten the curve” and I slipped away to breathe different air. I left the plane on which we live and went to live on another plane. I spent some time in remote regions of the past, raced through nations and epochs without finding contentment, observed the usual crucifixions, intrigues, and moments of progress on earth, and then withdrew for a while into the cosmic realm.

When I returned, it was December 24, 2023. I was disappointed to find that the nations of the world were still under the spell of awe-inspiring stupidity.

On the other hand, great progress had been made towards equality. All countries looked the same; even the differences between rival blocs had virtually disappeared.

Globally, there was a strong sentiment against any ebb in positive PCR tests that might not last forever. Since unimpregnable public health had not yet been achieved, the governments of the world were resolutely committed to maintaining a moratorium on living.

Spotted at Moscow’s VDNH

I found my home in the outskirts of Moscow partly destroyed by looters but still more or less fit to sleep in. However, it was cold and uncomfortable, the rubble on the floor and the mold on the walls were distressing, and I soon went out for a walk.

A great change had come over the suburb. There were no shops to be seen and the streets were lifeless. Before long a humanoid robot with a flat-panel display showing Herman Gref’s face came up to me and began barking in German.

The machine demanded to know what I was doing. I said I was taking a walk.

GrefBot: “have you got a permit?”

I didn’t understand, a verbal altercation ensued, and the thing ordered me to follow it. The robot marched me to a building with a giant placard that read: “SberHealth Station No. 754314.”

Inside were the usual official premises, smelling of hand sanitizer, bureaucracy, and hopelessness. After various inquiries I was taken to Room 72 for interrogation.

The official sitting behind the desk was the first person I had laid eyes on since returning from my cosmic travels. I rushed up to him—a human being!—and reached out to embrace him.

He pulled away instantly. “1.5 meters, please! Can’t you social-distance?” he scolded me. “No,” I said. “Why not?” he replied. “Because I never learned how,” I said timidly.

“In any case,” he said, “you were taking a walk without a Sputnik Walking Booster Certificate. Do you admit that?”

“Yes,” I said. “That seems to be true. I didn’t know. You see, I’ve been away for quite some time…”

He silenced me with a wave of his hand. “The penalty: you are forbidden to wear shoes for three days. Take off your shoes!”

I took off my shoes.

“Good God, man!” The official nearly fell out of his chair. “Leather shoes! Where did you get them? Are you completely out of your mind?”

“I may not be quite normal, mentally, I myself can’t judge. I bought the shoes a few years ago.”

“Don’t you know that the wearing, eating and the general use of all animal products in any shape or form by SberClients is strictly prohibited? Your shoes are confiscated! And now let’s see your QR code so I can issue you a pair of SberSandals made from dehydrated soybean paste.”

Merciful heavens, I had no digital identification of any kind!

Peskov wants your meat.

“Incredible!” the official groaned. “I haven’t seen anything like it in over a year!” He called in a GrefBot. “Take this man to Office 67, Room 8c!”

I was frog-marched barefoot through several abandoned streets. We went into another official building, passed through a SberTemperatureCheck machine, breathed the smell of sterile soullessness; then I was pushed into a room and questioned by another official. This one was in uniform.

“You were picked up on the street without a QR code. You are fined two thousand Sbercoin. I will charge your SberWallet immediately.”

“I beg your pardon,” I faltered. “I haven’t any money on me. Couldn’t you lock me up for a while instead?”

He laughed aloud.

“Lock you up? My dear fellow, what a lovely idea! Do you expect us to feed you in the bargain? No, my friend, if you can’t pay the fine, I shall have to impose our heaviest penalty—temporary withdrawal of your Sputnik Existence Booster Certificate! Kindly hand over your existence passport.”

I had none.

For public health.

The official was speechless and entered a stroke-like state of visual physical discomfort. He called in two GrefBots—these ones armed with S-900 surface-to-unvaxxed missiles. They conferred in whispers, repeatedly motioning in my direction and looking at me with abject horror and amazement.

Then the official had me led away to a detention room, pending deliberation on my case.

There several persons were sitting in silence; a GrefBot stood guard at the reinforced steel door. I noticed that apart from my lack of shoes I was by far the best dressed and most healthy looking—odd, considering the great leap forward that had been made to safeguard the health of every Russian.

A squirrely little man sidled up to me, bent down, and whispered in my ear: “I’ve got a magnificent bargain for you. I have a beetroot at home in my cellar. A whole beetroot in near perfect condition—only one small corner gnawed away by mice. Yours for the asking. What do you offer?”

He moved his ear close to my mouth, and I whispered.

“You make an offer. How much do you want?”

He whispered softly back: “Let’s say 150 Sbercoin!”

I shook my head and looked away. Soon I was deep in thought.

SberLife

After a few hours they came for me. I was taken to Office 285, Room 19f. This time the well-armed GrefBot stayed with me and stationed itself between me and the official.

“You’ve put yourself in a very nasty position,” the official began. “You have been living in the suburbs of Moscow without an existence passport. You are aware no doubt that the heaviest penalties are in order.”

I bowed slightly.

“If you please,” I interrupted. “I have only one request. I’m starting to realize now what has happened in my absence and that my position can only get worse and worse. Couldn’t you condemn me to death? I should be very grateful.”

The official looked gently into my eyes.

“I understand,” he said amiably. “But anybody could come in here asking for that! In any case, you’d need a demise card. Can you afford one? They cost four thousand Sbercoin.”

It’s already happening.

“No, I haven’t got that much money. But I’d give all I have. I have an enormous desire to die.”

He smiled strangely.

“I can believe that, you’re not the only one. But dying isn’t so simple. This is a matter of public health. I would have to report your death to the authorities, and soon enough they would be breathing down my neck—‘was it COVID-related?’ My SberHealth station could lose funding if your corpse later tests positive. Surely you must know that.”

He saw that I did not know that. He paused for a moment, then continued.

“By the way—I see you’re registered under the name of Slavsquat, Edward. Could you be Slavsquat, the blogger?”

“That’s me!”

“Oh I’m so glad. Maybe I can do something for you? GrefBot 5542, you are dismissed.”

The machine left the room, the official took off his disposable plastic glove and shook my hand.

“I’ve read your blog with great interest,” he said in a friendly tone. “Margarita Simonyan really is an insufferable schizoid. By the way, did you know she is now prime minister? Anyway, I’ll do my best to help you. But good God, how did you get into this incredible mess?”

« Enemies of the people »: RT attacks Russian activists who oppose compulsory vaccination

“Enemies of the people”: this is the name of RT’s brave investigation into Russian activists who have reservations about compulsory COVID vaccination.

We’ve met some of these “enemies of the people” and actually they are quite charming and thoughtful.

“Well, you see, I was away for a while. For several years I vanished into the ether—like the Moscow Strain—and frankly I had rather hoped the world would have come to its senses by the time I got back. But tell me, can you get me a demise card? I’d be ever so grateful.”

“It may be possible. But first you need an existence booster. Obviously, nothing can be done without that. I’ll give you a note to Office 13. On my recommendation, they’ll issue you a temporary QR code so you can make a booster appointment. But it will only be valid for 45 minutes.”

I was overjoyed. We shook hands once again.

“One more thing,” I said softly. “May I ask you a question? You must realize how little I know about what’s been going on these past two years.”

“Go right ahead.”

“Well, here’s what I’d like to know: how can life go on under these conditions? How can people stand it?”

“Oh, they’re not so badly off. Your situation is exceptional: an Unboostered—and without an existence passport! There are very few unboostered SberClients left. Most get their monthly allowance of 20 Sbercoin and are grateful. A good many are genuinely happy. Little by little one gets used to the misery and organized food shortages. When the bug-burgers gave out we switched to sawdust gruel—they season it with tar now, it’s surprisingly tasty. We all thought it would be unbearable but then we got used to it. And the same with everything else.”

A global trend.

“I see,” I replied. “It’s really not so surprising. But there’s one thing I still don’t understand. Tell me: why is the whole world making these enormous efforts? Putting up with such hardships, with all these laws, these thousands of sanitary doctors and petty technocrats—what is all this meant to preserve and safeguard?”

The official looked at me in amazement.

“What a question!” he cried, shaking his head. “Did you know only 94% of SberClients are fully boostered? Global immunity against the Triple Omega Variant is calculated at a measly 86%! Our sepsis-filled red zones could be overwhelmed at any moment! What if your own mother died of a hospital-transmitted superinfection—what would you say then?”

Don’t worry, it’s not a dangerous scam.

“Yes,” I said slowly. “You’ve got something there. The vaccine, in other words, is a treasure that must be preserved at any cost. Yes, but—I know it’s an odd question—why do you value the vaccine so highly? Is it worth so much? Is it really a treasure?”

The official gave me a look of genuine pity.

“My dear Mr. Slavsquat. You’ve lost contact with the world. Go out into the streets, talk to people, if you can find them: then make a slight mental effort and ask yourself: what have we got left? What is the substance of our lives? Only one answer is possible: the vaccine is all we have left! Pleasure and personal profit, social ambition, greed, love, cultural activity—all of that has gone out of existence. If there is still any law, order, or thought left in the world, we have the vaccine to thank for it. Now do you understand?”

Just following the science.

I understood. I thanked the official and left.

I felt extremely ill. Outside, I crumpled my temporary QR code printout into a paper ball and threw it at a GrefBot sentry. The robot fired its S-900 surface-to-unvaxxed missile launcher, vaporizing me immediately.

The above true story is based on another true story by Hermann Hesse, titled: If The War Goes On Another Two Years—End of 1917.

L’amour non-partagé est la solution à un autre problème.

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Source.

Traduction

L’amour non-partagé est la solution à un autre problème

M’étant retrouvé en situation d’amour non-partagé, j’étais confus devant ce qui me semblait être une évidente absurdité. Ce n’est pas ainsi que les choses devrait se passer. C’est comme de laisser tomber une pierre pour la regarder ensuite partir vers le haut. L’amour non partagé est une violation directe de la troisième loi de Newton, un cas dans lequel une force n’est PAS contrée par une force opposée. Il doit forcément y avoir quelque chose qui cloche et qui peut être corrigé.

Bien sûr, aucun de mes efforts n’y a changé quoi que ce soit.

J’étais également surpris de vivre cette situation comme si c’était la première fois que ça m’arrivait, ce qui est absurde puisque je l’avais vécue de nombreuses fois auparavant. Pourtant, aucune de mes expériences passées ne semblait pertinente. Pourquoi?

Je me rappelle qu’environ un milliard de poèmes et de chansons ont été écrits sur ce « problème » précis. Hmmm. Tant de siècles au cours desquels une personne a ressenti cette joie/ce tourment pour une autre personne qui n’éprouvait rien pour elle. Si la Nature est économe, pourquoi alors cette extravagance qui ne mène nulle part? Pourquoi ainsi détourner mes pensées et mes sentiments, voire l’état de mon corps physique (ce qui doit coûter cher en électricité dans mes veines) – dans quel but? Tant de siècles au cours desquels des personnes qui, tout comme moi, étaient convaincues qu’il devrait en être autrement. Pourtant, ce problème particulier reste totalement irrésolu malgré l’assiduité des esprits les plus aiguisés et des cœurs les plus subtils.

Si un problème n’a pas de solution, est-ce vraiment un problème?

Peut-être ce problème précis est-il une solution à un autre problème.

Quel autre problème? Quel est le bilan de ce que j’ai fait pour rendre l’amour, disons, de mes parents, ou des hommes et des femmes qui ont réalisé d’incommensurables tâches pour me permettre de bénéficier d’une vie meilleure? Voyons cela dans un sens plus large – qu’en est-il de l’amour que je rends à la Terre et au Soleil, qui, au sens physique, sont presque entièrement responsables de mon existence. Non, je dirais que généralement, je ne rends pas cet amour, pire, généralement je l’ignore, et je porte même sur lui un regard indifférent. Il n’est pas excessif d’imaginer la Terre aimer toutes ses créatures de manière égale, leur offrant des conditions d’existence sereine et des aliments abondants, et cet amour est-il récompensé par le commun des mortels? Si moi, un homme au cœur faible, je peux ressentir avec une telle intensité la douleur d’un amour sans retour, essayez de multiplier cette douleur par des millions ou des milliards, et réfléchissez à l’amour et à la douleur incessants que la Terre doit ressentir à cause de l’humanité. Et plus largement encore, considérons le Créateur Universel, et je pense que vous pouvez vous-mêmes faire ce calcul. Ce manque de coeur de l’humanité est un VRAI problème, auquel je contribue. Certaines cultures (je me rappelle les Aztèques) décrivent plusieurs âges de l’humanité, dont chacun devait être détruit pour avoir « déraillé » et pour qu’un nouveau départ soit pris. Un des Ages fut détruit parce que les hommes et les femmes avaient cessé d’être reconnaissants du simple bonheur de vivre.

Pourquoi alors dis-je que mon amour non-partagé est une solution à ce problème? Quand je suis bouleversé parce qu’une femme n’éprouve pas de sentiment pour moi alors que je l’adore, j’en suis fébrile presque en permanence. Ce qui me donne l’occasion de constamment me tourner vers le passé et de voir l’autre côté, et de considérer tout l’amour que m’ont prodigué mes parents, la Terre, les étoiles et Dieu, et ce qu’ils peuvent ressentir lorsque je les ignore. En d’autres termes, mon vécu d’un amour non-partagé me donne l’occasion de rendre l’amour qui m’a été donné.

Pour le dire sur un ton plus féerique : le Roi et la Reine du Royaume aimaient beaucoup leurs sujets et leur offraient toute manière de beauté et de nourriture, et avaient même fait en sorte que chaque amoureux trouve sa bien-aimée. Mais les hommes et les femmes du Royaume étaient devenus ingrats et froids de coeur, et avaient pris pour acquis toute la beauté, toute l’abondance et toute l’égalité dans leurs amours, et avaient même commencé à s’en plaindre! Le Roi et la Reine aimaient trop leurs sujets pour les priver de la beauté et de l’abondance, mais ils décidèrent de changer la manière dont seraient menées les «affaires de cœur». Le Roi et la Reine ordonnèrent que dorénavant, maintes fois dans les affaires de cœur humaines, Alice aimerait Bob, mais Bob n’aurait d’yeux que pour Carole, tandis que Carole n’aurait aucun sentiment pour qui que ce soit. Et ainsi de suite. Cela fut fait, afin que de nombreux sujets aient bien souvent l’occasion de réaliser, s’ils pouvaient le voir ainsi, combien il est difficile d’aimer sans être aimé en retour.

Posté le 24 septembre 2020 par Michael Clarage


Texte original

Unrequited Love is the Solution to Another Problem

In the position of unrequited love, I was confused by what seemed like an obvious absurdity. Things cannot be this way. It is like dropping a rock and watching it sail upward. Unrequited love is a direct violation of Newton’s third law because one force is NOT met by its counterpart. There must be something wrong which can be set right.

Of course no efforts of mine changed anything in the slightest.

I was also surprised that I was experiencing it as if for the first time, which is absurd since I have experienced it plenty of times before. Yet none of my past experience seemed relevant. Why not?

I recall that about a billion poems and songs have been written on exactly this « problem ». Hmmm. All of the centuries of one person in this joy/agony over another person who cares not so much for them. If Nature is economical, why this extravagance that leads nowhere? Why hijack my thoughts and feelings, yay even the state of my physical body (it must be expensive to create electricity in the veins) – to what end? So many centuries of people who, just like me, are convinced that things should be otherwise. Yet this one problem remains completely unsolved despite the application of the sharpest minds and subtlest hearts. 

If a problem has no solution, then is it really a problem?

Perhaps the condition itself is a solution to some other problem. 

What other problem? How about my own track record in returning the love, say, of my parents, or of the men and women who performed incredible labors that I might have a better life? Broaden that – what of the love I return to the Earth and Sun, which, in a physical sense, are almost entirely responsible for my existence. No, I would say that generally I do not return that love, worse, generally I am oblivious to it, and even return a callous regard. It is not too much to imagine the Earth loving all her creatures equally, giving them delicate conditions and abundant foods, and is that love requited by the average person? If I, a weak-hearted man, can feel to such intensity the pain of my love un-returned, try multiplying that by millions or billions, and consider what unremitting love and pain the Earth must feel because of humankind.  Broaden still further to the Creator of All, and I think you can do the math. This heartlessness of humankind is a REAL problem, which I am contributing to. Some cultures (I recall Aztec) describe several Ages of humankind, each of which needed to be destroyed for « going off the rails », and a fresh start made of things. One of the Ages was destroyed because men and women stopped being grateful for the opportunity to live.

Why then do I say that my unrequited love is a solution to this problem? When I am all flummoxed because a woman cares little for me while I adore her, that agitation is almost constant. Which gives me the opportunity to constantly turn around, and look the other way, and consider all the love lavished on me by parents, Earth, Stars and God, and how it might feel when I am oblivious to them. In other words, my experience of unrequited love gives me the opportunity to return the love given to me.

To put it in a more fairy tale sort of fashion: The King and Queen of the Realm loved their subjects very much, and provided them all manner of beauty and nourishment, and even arranged things so that every lover found their beloved. But the men and women of the kingdom became ungrateful and coldhearted, and took all the beauty and abundance and equality in love for granted, and even started to complain about it all! The King and Queen loved their subjects too much to take away the beauty and abundance, but they did decide upon a change to « matters of the heart ». The King and Queen ordained that henceforth, many times in the matters of the human heart, Alice would love Bob, but Bob would have eyes only for Carol, while Carol would care not a fig for anyone. And so on. This was done so that many subjects would be given the chance, if they could see it so, to very often realize how difficult it is to love without that love being returned.

Posted 24th September 2020 by Michael Clarage

Un conte pour les enfants.

Sérieusement, ne le racontez pas aux enfants, les pauvres. Ils en feraient des cauchemars. Je vous suggère plutôt ce grand classique.

Par contre, vous pouvez partager avec les grandes personnes.


Un conte pour les enfants

Il y a longtemps vivait un homme qui aimait faire le mal.

Il aimait faire mourir les animaux. Il les faisait mourir en leur faisant trés mal. Il aimait voir dans leurs yeux comment ils avaient peur et il aimait entendre dans leurs cris comment ils souffraient. Comme c’était lui qui décidait quand les animaux mouraient, il se disait qu’il avait beaucoup de « pouvoir ».

Mais il n’en avait pas assez. Il voulait aussi avoir du « pouvoir » sur les gens.

Un jour, il eut une idée.

Comme il savait comment faire mourir les animaux, il savait aussi comment faire mourir les gens, parce que les gens c’est comme les animaux. Il avait inventé un poison. Il fallait mettre le poison dans leur corps mais pour ça il fallait que les gens soient d’accord. Alors il leur expliqua que les animaux donnaient la « maladie » et qu’il avait regardé dans le corps des animaux qu’il faisait mourir et qu’il savait comment empêcher les gens de mourir de la « maladie ».

Et les gens pensèrent que c’était un homme bon, parce qu’ils ne voulaient pas mourir et que faire mourir les animaux, ce n’était pas très grave. Et les gens pensèrent qu’il était aussi très intelligent, parce que quand il faisait mourir les animaux, il mettait une blouse blanche et que quelqu’un qui porte une blouse blanche ne ferait pas mourir les animaux sans raison. Il se dirent qu’il savait quelque chose qu’ils ne savaient pas. Ils se dirent qu’il avait beaucoup de « pouvoir » et qu’il était un « héros ».

Alors les gens leur amenèrent leurs enfants pour qu’il leur mette le poison dans le corps, en pensant que ça les empêcherait de mourir. Et quand les enfants mouraient quand même ou qu’ils étaient très malades ou qu’ils souffraient tellement qu’ils ne savaient plus être comme les autres enfants, ils se dirent que ce n’était pas la faute du poison.

Et après lui, les hommes qui voulaient aussi beaucoup de « pouvoir » se dirent que c’est ce qu’il fallait faire. Et eux aussi firent mourir les animaux mais il prirent aussi les bébés dans le ventre des mamans qui ne les voulaient pas, et ils coupaient leur coeur avec un couteau. Il disaient que c’était pour la « recherche ».

Et les gens disaient que ce n’était pas trés grave de faire mourir les bébés, parce qu’ils ne voulaient pas mourir.


Il y avait aussi un homme qui avait beaucoup d’argent qu’il avait volé aux gens. Lui aussi pensait qu’il avait beaucoup de « pouvoir ». Il se disait que les gens c’est comme les animaux et qu’on peut leur faire tout ce qu’on veut.

Et après lui, les hommes qui voulaient beaucoup de « pouvoir » se disaient que c’est ce qu’il fallait faire.

Un jour, l’homme qui faisait mourir les animaux alla voir l’homme qui volait l’argent aux gens et lui demanda de lui donner de l’argent pour sa « recherche ». L’homme lui donna l’argent qu’il demandait mais il lui dit qu’il devrait désormais travailler pour lui.

Et un jour l’homme qui avait beaucoup d’argent vint trouver l’homme en blouse blanche. Il lui expliqua qu’il voulait garder pour lui l’argent qu’il avait volé mais que les gens risquaient de lui demander qu’il leur rende. Il lui dit qu’avant, quand les gens voulaient garder leur argent, il les faisait mourir en les faisant travailler beaucoup et quand ils ne mouraient pas assez, il les envoyait à la « guerre » pour mourir et faire mourir les gens des autres endroits et aussi pour casser leurs maisons avec des jouets qu’il avait fabriqués et qui cassent les maisons. Et quand les gens étaient morts, il pouvait garder leur argent. Et aussi quand beaucoup de maisons étaient cassées, il fallait les réparer et c’était lui qui les réparait contre de l’argent.

Mais l’homme qui avait beaucoup d’argent était inquiet. Les gens ne mouraient plus beaucoup parce qu’ils n’y avait plus assez de « guerres » et qu’ils ne travaillaient plus assez pour mourir. Alors il demanda à l’homme en blouse blanche qui travaillait pour lui s’il pouvait fabriquer du poison pour faire mourir les gens, avant qu’ils lui demandent de rendre leur argent.

L’homme en blouse blanche lui dit qu’il savait comment faire parce qu’il savait comment faire mourir les animaux et que les gens c’est comme les animaux.


L’homme en blouse blanche avait inventé deux nouveaux poisons. Un trés petit, que les gens ne voyaient pas. Mais comme il ne marchait pas bien, il en avait fabriqué un autre, qui ressemblait à celui d’avant, qu’on mettait dans le corps des gens et qui les ferait mourir plus tard et qui ferait aussi mourir ceux qui étaient tout près. Et aussi, les mamans ne pourraient plus avoir de bébés parce qu’il mourraient dans leur ventre.

Pour que les gens donnent leur argent pour des choses dont ils n’avaient pas besoin et aussi pour qu’ils obéissent à l’homme qui avait beaucoup d’argent et à l’homme en blouse blanche, on avait inventé une lampe magique. C’était une lampe qui parlait et comme elle était magique, ceux qui la regardaient croyaient ce qu’elle disait.

Un jour, la lampe leur dit qu’il y avait une « maladie » à cause des animaux qui vivaient à l’endroit où on fabriquait les jouets pour les grands. La lampe leur dit qu’ils allaient mourir de la « maladie » et les gens avaient très peur. Alors la lampe leur dit qu’ils devaient rester dans leur maison pour ne pas l’attraper, et s’ils ne voulaient pas ils seraient punis, on leur prendrait leur argent et des hommes en costume noir leur taperaient sur la tête avec un bâton.

Comme ils restaient dans leur maison, ils n’allaient plus voir leurs papas et leurs mamans qui étaient vieux et qu’on avait mis dans des maisons spéciales pour les vieux papas et les vieilles mamans qu’on ne voulait plus. Alors comme leurs enfants n’étaient pas là pour les protéger, on mit dans le corps des vieux papas et des vieilles mamans un autre poison qui les faisait mourir. L’homme qui leur avait volé leur argent était très content, parce qu’il ne devait plus leur rendre et qu’il pouvait le garder pour toujours.

La lampe dit aussi aux gens qu’ils ne pouvaient pas se soigner parce que c’était très dangereux et que ça les ferait mourir. Et la lampe leur montra un « héros », qui avait volé beaucoup d’argent et l’avait donné à l’homme en blouse blanche pour faire mourir beaucoup d’enfants avec du poison et pour que les mamans n’aient pas de bébés à des endroits où il disait qu’il y avait trop de gens. Le « héros » leur dit qu’il fallait attendre dans leur maison que l’homme en blouse blanche fabrique un poison pour mettre dans leur corps pour qu’ils n’aient pas la « maladie » et pour qu’ils ne fassent pas mourir leurs vieux papas et leurs vieilles mamans en allant tout près. Il leur dit qu’ils pourraient sortir de leur maison et avoir leurs jouets de grands seulement quand il auraient eu le poison.

Et quand on leur mit le poison dans le corps, il y eut encore beaucoup de vieux papas et de vieilles mamans qui moururent et de bébés qui moururent dans le ventre de leur maman, et plein d’autres gens aussi. Mais la lampe dit que c’était bien alors les gens continuèrent à demander le poison. Mais il y avait des gens qui ne voulaient pas et qui ne croyaient plus ce que disait la lampe parce qu’ils avaient vu qu’on avait fait mourir les vieux papas et les vieilles mamans, et que les bébés mouraient dans le ventre des mamans, et plein d’autres gens aussi. Mais le poison rentra dans leur corps quand même parce qu’ils étaient tout près des gens à qui on l’avait mis, et il y en eut beaucoup qui moururent et beaucoup de bébés qui moururent dans le ventre de leur maman et beaucoup de mamans qui ne pouvaient plus avoir de bébés.

Et un jour l’homme en blouse blanche vit que tous les gens qui vivaient encore avaient le deuxième poison dans leur corps.

Alors il prit un troisième poison, que personne ne voyait, qu’il avait fabriqué et mis dans un tiroir en attendant.

Et il le mit dans l’air.

Et depuis, les animaux sont bien tranquilles parce qu’il n’y a plus personne pour les faire mourir.

Monsieur Rigolo.

Pour ceux que ça fatigue de lire :

Traduction

Monsieur Rigolo

de Roger Hargreaves

Monsieur Rigolo habitait dans une théière.

Elle avait deux chambres, une salle de bains, une cuisine et un salon.

Elle plaisait beaucoup à Monsieur Rigolo.

Ce jour-là, Monsieur Rigolo prenait son déjeuner.

Comme il n’avait pas très faim, il mangea seulement un sandwich à la marguerite et un verre de pain grillé.

– Délicieux, se dit-il, lorsqu’il eut fini son drôle de déjeuner.

Après avoir déjeuné, Monsieur Rigolo alla faire une promenade en voiture.

La voiture de Monsieur Rigolo était une chaussure.

As-tu déjà vu une voiture-chaussure?

C’est très rigolo!

Sur son chemin, Monsieur Rigolo passa devant un ver de terre.

Le ver pensa que Monsieur Rigolo, dans sa voiture rigolote, était la chose la plus drôle qu’il eût jamais vue.

Il se tordit tellement de rire qu’il faillit se couper en deux!

Il passa devant un cochon.

Le cochon pensa que Monsieur Rigolo, dans sa voiture rigolote, était la chose la plus drôle qu’il eût jamais vue.

Il rit tellement qu’il faillit en perdre sa queue!

Même les fleurs pensèrent que Monsieur Rigolo était la chose la plus drôle au monde.

Elles rirent tellement qu’elles faillirent perdre leurs pétales.

Monsieur Rigolo arriva enfin à un carrefour.

Ne sachant quel chemin prendre, il regarda le panneau indicateur.

Sur l’une des pancartes, il vit <<ZOO>>.

– Ça risque d’être rigolo, pensa Monsieur Rigolo.

Et il prit la direction du zoo.

Quand il arriva devant la porte du zoo, Monsieur Rigolo dut s’arrêter.

– Je suis désolé, lui dit le gardien. Nous avons été obligés de fermer le zoo,
car tous les animaux sont enrhumés et cela les rend bien tristes.

– Oh! quel dommage! s’exclama monsieur Rigolo. Puis il réfléchit.

– Et si j’essayais de les faire rire? dit-il au gardien.

– D’accord, répondit celui-ci. Cela vaut la peine d’essayer, et il ouvrit la porte.

Monsieur Rigolo roula à l’intérieur du zoo.

Dans sa chaussure.

Le premier animal qu’il vit fut un éléphant.

Cet éléphant avait l’air bien triste. Vraiment très triste.

Monsieur Rigolo s’approcha de lui et regarda sa triste mine.

Et l’éléphant à la mine triste regarda Monsieur Rigolo.

Alors sais-tu ce que fit Monsieur Rigolo?

Il fit une grimace rigolote!

Monsieur Rigolo, comme tu l’imagines, s’y connaissait en grimace rigolotes.

L’éléphant gloussa.

Il n’avait jamais rien vu d’aussi drôle.

Monsieur Rigolo fit une autre grimace rigolote.

L’éléphant éclata de rire.

Il rit si fort qu’il faillit en perdre sa trompe.

Et il se sentit beaucoup, beaucoup mieux.

Monsieur Rigolo se dirigea alors vers la fosse aux lions.

Il y avait là un lion qui avait l’air extraordinairement triste.

Monsieur Rigolo s’approcha de lui et regarda sa triste mine.

Et le lion à la triste mine regarda Monsieur Rigolo.

Monsieur Rigolo fit une grimate très rigolote.

Tu as déjà entendu rugir un lion, n’est-ce pas?

Eh bien, ce lion se mit à rugir lui aussi mais il rit en même temps.

Et il rit si fort qu’il faillit en perdre sa crinière.

Monsieur Rigolo fit le tour du zoo pour voir les autres animaux.

Oh, comme ils avaient l’air triste!

À chacun d’eux, Monsieur Rigolo fit des grimaces de plus en plus rigolotes.

Le gros ours brun sourit, puis il rit si fort qu’il tomba sur le derrière.

Et la girafe rit si fort qu’elle faillit faire un noeud avec son cou.

Et l’hippopotame rit si fort que son gros ventre faillit éclater.

Les pingouins, eux, rirent tant et tant qu’ils faillirent perdre leurs ailes.

Quant au léopard, il rit si fort qu’il faillit perdre toutes ses taches.

Quel tintamarre!

– Oh! Monsieur Rigolo, dit le gardien du zoo, entre deux éclats de rire,
Merci, merci beaucoup. Grâce à vous, les animaux ne sont plus tristes.

– C’est tout naturel, vous savez, répondit Monsieur Rigolo modestement. Et il repartit.

Dans sa chaussure!

Plus tard, lorsque Monsieur Rigolo arriva chez lui, il s’esclaffa.

– Eh bien, dit-il, une journée rigolote de plus qui se termine.

Il gara sa chaussure, entra dans sa théière, et comme il avait soif, il se fit…

… une bonne tasse de gâteau chaud!


Texte original

Mr Funny

by Roger Hargreaves

Mr Funny lived in a teapot!

It had two bedrooms, a bathroom, a kitchen and a living room and it suited Mr Funny very nicely.

One day Mr Funny was having lunch.

He wasn’t very hungry, so he only had a daisy sandwich and a glass of toast!

« Delicious » he murmured to himself as he finished his funny lunch.

After lunch Mr Funny decided to go for a drive in his car.

His car was a shoe!

Have you ever seen a car that looks like a shoe?

It looks very funny!

As he drove along, everybody who saw him laughed to see such a funny sight.

He passed a worm at the side of the road.

The worm thought Mr Funny in his funny car was the funniest thing he had ever seen.

He nearly laughed himself in two!

He passed a pig in a field.

The pig thought Mr Funny in his funny car was the funniest thing she had ever seen.

She nearly laughed her tail off!

Even the flowers he passed thought that Mr Funny was the funniest thing they had ever seen.

They nearly laughed themselves out of the ground!

Enventually Mr Funny came to some crossroads.

He didn’t know which way to go, so he looked at the signpost.

One of the signs said TO THE ZOO.

« That will be fun » thought Mr Funny to himself, so he drove his shoe towards the zoo.

When he arrived at the gate of the zoo he stopped.

It was closed.

« I’m sorry » said the zookeeper. « We’ve had to close the zoo because all the animals have a cold, and they’re all feeling very sorry for themselves. »

« Oh dear » said Mr Funny, and then he thought. « Perhaps I can help to cheer them up » he said.

« Well » said the zookeeper, « It’s worth a try » and he opened the gate.

Mr Funny drove into the zoo.

In his shoe.

The first thing he saw was an elephant. It was true. The elephant was feeling very sorry for herself. Very sorry indeed.

Mr Funny stood and looked at the sad-looking elephant.

And the sad-looking elephant stood and looked at Mr Funny.

Oh dear!

Then, do you know what Mr Funny did?

He pulled a funny face!

Mr Funny, as you’d imagine, is very good at pulling funny faces.

The elephant giggled.

She’d never seen anything so funny.

Mr Funny pulled another funny face.

The elephant burst out laughing.

The elephant laughed and laughed and laughed.

She laughed so hard, she nearly laughed her trunk off!

And she felt a lot better.

Mr Funny went over to the lion house.

There was a lion, feeling extraordinarily sorry for himself.

Mr Funny stood and looked at the sad-looking lion.

And the sad-looking lion stood and looked at Mr Funny.

Oh dear!

And then Mr Funny pulled the funniest-looking face that’s probably ever been pulled anywhere, ever.

Now, you’ve heard a lion roar before, haven’t you?

Well, this lion roared too – with laughter.

He laughed so hard he nearly laughed his whiskers to pieces.

Then Mr Funny went round to see all the other animals in the zoo.

Oh dear, what a miserable looking lot!

For all of them Mr Funny pulled funnier and funnier faces.

The big brown bear giggled, and then burst out laughing.

And the giraffe laughed so hard she nearly laughed her neck into a knot. And the hippopotamus nearly laughed himself out of his skin. And the penguins nearly laughed their flippers floppy. And the leopard, well, you really should have seen him, he laughed so hard he nearly laughed his spots off!

What a pandemonium!

« Oh Mr Funny » giggled the zookeeper, who had started laughing as well « Oh Mr Funny, thank you very very much indeed for coming to cheer us all up! »

« Oh it was nothing really » replied Mr Funny modestly, and drove off.

In his shoe!

Later, when Mr Funny arrived home, he chuckled to himself. « Well » he said « That’s the end of another funny day! »

And he parked his shoe and went inside his teapot and, because he was feeling thirsty, he made himself…

… a nice cup of cake!

La sécurité du nombre.

Traduction par moi.

Traduction

Une mouche plutôt intelligente

Une grande araignée qui vivait dans une vieille maison avait tissé une magnifique toile pour y attraper les mouches. Chaque fois qu’une mouche atterrissait sur sa toile et qu’elle s’y prenait, l’araignée la dévorait, de sorte que lorsqu’une autre mouche arrivait, celle-ci pensait que la toile était un endroit sûr et calme pour s’y reposer.

Un jour, une mouche plutôt intelligente survola la toile sans s’y poser, pendant si longtemps que l’araignée finit par sortir et lui dit: « Descends donc ». Mais la mouche, trop intelligente pour elle, lui répondit: « Je ne me pose jamais là où je ne vois pas d’autres mouches et je ne vois aucune autre mouche dans ta maison. »

Elle vola ensuite jusqu’à un endroit où il y avait beaucoup d’autres mouches. Elle était sur le point de les rejoindre lorsqu’une abeille bourdonna et lui dit: « Arrête, idiote, c’est du papier tue-mouche. Toutes ces mouches sont piégées. » « Ne dis donc pas de bêtise », répondit la mouche, « elles dansent. »

Alors elle les rejoignit et resta collée au papier tue-mouches avec toutes les autres mouches.

Moralité: Il n’y a pas de sécurité dans le nombre, ou dans quoi que ce soit d’autre.

« The Fairly Intelligent Fly » par James Thurber, dans « Fables for Our Time » (1940)


Texte original

The Fairly Intelligent Fly

A large spider in an old house built a beautiful web in which to catch flies. Every time a fly landed on the web and was entangled in it the spider devoured him, so that when another fly came along he would think the web was a safe and quiet place in which to rest.

One day a fairly intelligent fly buzzed around above the web so long without lighting that the spider appeared and said, « Come on down. » But the fly was too clever for him and said, « I never light where I don’t see other flies and I don’t see any other flies in your house. »

So he flew away until he came to a place where there were a great many other flies. He was about to settle down among them when a bee buzzed up and said, « Hold it, stupid, that’s flypaper. All those flies are trapped. » « Don’t be silly, » said the fly, « they’re dancing. »

So he settled down and became stuck to the flypaper with all the other flies.

Moral: There is no safety in numbers, or in anything else.

« The Fairly Intelligent Fly » by James Thurber in « Fables for Our Time » (1940)


Bonus

« No safety in numbers » : cette géniale chanson de Younger Brother est tirée de son album « Vaccine ». Comme quoi…